Léo Coly a fait plus qu’assurer l’intérim à l’ouverture en l’absence de Domingo Miotti, blessé. Au pied comme dans le jeu, l’ancien Montois a été décisif contre Pau et Lyon. L’habituel demi de mêlée vit ses derniers jours avec le maillot montpelliérain et n’a jamais semblé aussi épanoui sur le terrain.
Un joueur transformé
Coly a bien grandi. Arrivé avec l’étiquette de grand espoir à Montpellier, en 2022, le natif de Rennes repartira de l’Hérault en joueur mature, fort de quatre années assez dingo au cours desquelles il s’est fait un cuir solide. C’est le moins que l’on puisse dire. Ses performances de haut vol et son aura dans le vestiaire sont allées de pair avec bon nombre de blessures, moments de doute et tensions. Mais il est en passe de signer une sortie parfaite avec le MHR, lui qui sort de deux masterclass contre Pau (26-18) et à Lyon (25-28) à un poste imprévu, celui de demi d’ouverture.
Des déclarations pleines d’émotion
« Montpellier restera une histoire spéciale, pleine de rebondissements, avec des hauts et pas mal de bas. Cette année, j’ai l’impression que toute la merde que j’ai bouffée, entre les blessures, les méformes et les embrouilles… (Il se reprend) Ça montre qu’on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait. Sur un 8e de finale (contre Pau), je suis titulaire en 10. Je prends ça comme un signe du destin. Montpellier, c’est rock’n’roll », déclarait-il après la victoire contre la Section, fin mai, après une prestation majuscule sur le plan de l’animation et un sang-froid bienvenu sur des tirs au but pas toujours faciles (6/6 au pied). Bis repetita contre le LOU la semaine suivante (5/5) puisque c’est aussi lui qui amène le premier essai de Gabriel Ngandebe grâce à une superbe inspiration au pied.
Vraie alternative à l’ouverture
Le staff montpelliérain peut dormir sur ses deux oreilles. Si le maestro Domingo Miotti n’est toujours pas remis de son pépin au genou, il peut toujours compter sur le champion du monde U20 de 2019. « Ça fait deux ans que je couvre 9 et 10. Ce n’est pas un poste qui m’est étranger. Je connais le système par cœur. Puis avec les avants qu’on a, je peux voyager », assure le gars formé à Biscarosse (Landes).
« C’est un bon animateur. Quand j’étais en charge du centre de formation à Mont-de-Marsan, je l’avais fait jouer demi d’ouverture pour son premier match alors qu’il était en double licence avec Biscarosse. Ce jour-là, il ne s’était pas fait mal aux épaules et il avait pris un carton jaune (sourire). Contre Pau, il a fait une belle performance. C’était important pour moi de le voir à ce poste », sourit Joan Caudullo, manager du MHR.
Un dernier défi à relever
Coly peut, potentiellement, encore jouer deux matches avec Montpellier avant de rejoindre Bayonne la saison prochaine, une ville plus proche de sa famille. Mais il a l’occasion de sortir par la grande porte, à la mêlée ou à l’ouverture. Finir sur un doublé (Challenge-Brennus) effacerait tous les petits pépins physiques et les péripéties. Une sortie rêvée à aller chercher comme dernier défi ici, voilà l’ultime objectif de Coly.



