Un exploit sportif gravé dans la mémoire collective
Le 15 mars 1984 restera à jamais une date emblématique pour la ville d'Orthez et le club de basket de l'Élan Béarnais. Ce jour-là, au stade Pierre-de-Coubertin à Paris, les verts et blancs ont arraché une victoire historique face à l'Étoile Rouge de Belgrade, remportant ainsi la Coupe Korac. Un titre européen unique qui a couronné une équipe déjà auréolée d'une solide réputation.
Une ambiance survoltée et des souvenirs intacts
Freddy Hufnagel, ancien meneur de l'Élan Béarnais, se souvient avec émotion : « Je pense qu'ils ne s'attendaient pas à ça. On n'était pas encore très connu à l'époque. » Le match s'est terminé sur le score de 97 à 73, déclenchant des scènes de liesse inédites dans les rues paisibles de la cité Fébus. Un engouement populaire comparable à celui de la Libération en 1944, selon les témoignages de l'époque.
Pendant trois jours, Orthez est devenue l'épicentre d'une fête ininterrompue. Les écoliers et lycéens ont quitté leurs salles de classe, les cafés étaient noirs de monde, et même l'hôtel des impôts a été décoré aux couleurs du club. Philippe Laperche, ancien ailier, confie : « C'était complètement surréaliste. La capitale d'un pays contre un chef-lieu de canton. Quand j'ai vu la bronca que c'était à Pierre-de-Coubertin, j'ai eu les jambes toutes tremblantes. »
Un voyage épique pour les supporters
La veille de la rencontre, l'équipe a été reçue par Jacques Chirac à l'hôtel de ville de Paris, puis a déjeuné à la cantine du Sénat grâce à l'ancien sénateur Jacques Moutet. Le matin du 15 mars, plusieurs milliers de supporters ont pris un train spécialement affrété depuis Pau pour soutenir leur équipe. Patrick Labourdette, alors âgé de 24 ans, raconte : « C'était une sacrée ambiance. Les gens chantaient et dansaient. Nous sommes partis depuis Pau et quand la locomotive a marqué un arrêt à Bordeaux, on n'avait plus rien à boire. »
À Orthez, la retransmission télévisée du match par Antenne 2 a permis aux habitants de vivre l'événement en direct. Dès la victoire acquise, une marée humaine a déferlé dans les rues, envahissant les cafés comme le Moulia ou Chez Bertin-Place d'Armes. Arthur Blazquez, qui avait 10 ans à l'époque, se rappelle : « Il y avait du monde partout, c'était vraiment impressionnant. »
Un retour triomphal et des anecdotes savoureuses
Les joueurs ne sont revenus à Orthez que trois jours après leur exploit, devant disputer un match de championnat contre Limoges dans la foulée. À l'aube du 18 mars, ils ont trouvé la ville déserte avant de partager une omelette au café Moulia. Philippe Laperche se souvient : « Il n'y avait personne et tout d'un coup, c'est sorti de partout. » Un détail marquant : les couleurs de l'Élan Béarnais flottaient sur le clocher de l'église Saint-Pierre et le paratonnerre de la mairie, grâce à une malice des charpentiers Jean-Marc et Justin Sault.
Une commémoration pour célébrer l'héritage
Pour honorer cet anniversaire, l'Élan Béarnais organise une commémoration le 29 mars contre Aix Maurienne au Palais des sports de Pau. Des joueurs de l'équipe de 1984 seront présents, avec au programme des bandas, des chants béarnais, une bodega géante et un DJ set. Guillaume Berbinau, l'actuel président du club, souligne : « L'aventure de la Coupe Korac est un héritage très fort pour L'Élan Béarnais. » Cette victoire de 1984 a marqué le début d'une nouvelle épopée pour le club, restant ancrée dans les mémoires comme un moment de fierté collective.



