La voix de Pierre Bachelet a retenti toute la nuit, et cela continuera tout le week-end. Lens a soulevé la première Coupe de France de son histoire, vendredi, au Stade de France, face à Nice (3-1). Un titre au parfum de consécration pour l’équipe frisson de la saison, deuxième de Ligue 1 en ayant tenu tête de manière admirable au Paris Saint-Germain. Des émotions, les Sang et Or en avaient déjà vécues de belles en 2022-2023, quand Franck Haise, Seko Fofana et compagnie avaient, là encore, pris la deuxième place du championnat. Mais cette fois, il y a la cerise sur le gâteau : un trophée.
Thauvin, monsieur plus
Sans faire offense au titre de champion de France de Ligue 2 obtenu en 2009, le Racing courait derrière un trophée majeur depuis 1999 et sa victoire en Coupe de la Ligue - à l’époque obtenue grâce à Daniel Moreira. Le héros du cru 2026 se nomme Florian Thauvin, premier buteur du match, puis passeur, sur un corner catapulté au fond par le géant Odsonne Edouard.
Le chouchou de Bollaert a beau avoir gagné la Coupe du monde en 2018, cette Coupe de France lui tenait férocement à cœur. « Je voulais gagner un trophée en club en étant un acteur majeur, répondre présent. J’avais rendez-vous avec moi-même », confiait-il en zone mixte. « Ce sont des souvenirs qui restent gravés. Gagner un trophée, ce n’est pas quelque chose de normal. C’est rare dans une carrière. Il faut rappeler qu’on est le neuvième budget de Ligue 1. Ce qu’on a réalisé, c’est extraordinaire. »
Un duo revanchard
« Flo Thauvin, il est trop fort ! Il a fait un match exceptionnel », enchaînait Odsonne Edouard, un autre revanchard, qui n’avait joué que six matchs en Angleterre la saison passée. « C’est l’un des meilleurs joueurs avec lequel j’ai joué. Cette coupe, elle est aussi pour lui. C’est sa première en club, on en a parlé toute la saison. Il a cette belle récompense. » L’apothéose d’un mariage idyllique, où le joueur et le club se sont nourris l’un de l’autre pour s’élever.
« Une victoire d’équipe, de groupe, de club »
Même sous les projecteurs, Thauvin n’a pas manqué de rappeler à quel point ce succès s’était construit collectivement. « C’est une victoire d’équipe, de groupe, de club, de toute une région », insiste le gardien Robin Risser, qui rejoindra les Bleus dans quelques jours pour la Coupe du monde. Les Sang et Or ont été secoués vendredi, mais cette finale a laissé l’impression qu’il ne pouvait rien arriver aux hommes de Pierre Sage.
Peut-être parce que Lens, meilleure équipe de Ligue 1 à domicile cette saison, était presque à Bollaert dans ce Stade de France aux deux tiers sang et or. Les Ch’tis avaient mis l’ambiance, dès le trajet vers Paris, dans les trains spécialement affrétés pour eux. Ils ont continué sur leur lancée à Saint-Denis, où les paroles des Corons ont résonné suffisamment de fois pour s’imprimer dans toutes les têtes - même celles des Niçois.
Une fête simple et authentique
Une douce euphorie s’est propagée au moment de communier sur l’air des Lacs du Connemara, à la fin du match, au pied du virage sang et or. En toute simplicité, comme à n’importe quelle fête de village. Le reflet d’une équipe de mecs simples, sans ego surdimensionné, unie derrière un coach, Pierre Sage, qui a su embarquer son groupe en quelques mois.
Les larmes ont coulé sur les joues de Ruben Aguilar et de Florian Sotoca, des vieux routiers qui n’avaient jamais rien gagné. Le capitaine, Adrien Thomasson, avait déjà soulevé la Coupe de la Ligue avec Strasbourg, mais ce titre, il « en avait rêvé ». Une heure après le coup de sifflet final, l’émotion était encore palpable dans sa voix. « On n’a qu’une envie, c’est reprendre la coupe, la soulever, l’embrasser ! Une longue soirée nous attend, demain aussi, peut-être dimanche… Franchement, je n’ai pas envie que ça s’arrête ! » Rendez-vous à partir de 15 heures dans les rues de Lens, pour graver un peu plus ce mois de mai dans la mémoire collective.



