Un choc capital pour la survie en D1 Féminine
Ce mercredi à 19 heures, le stade Bollaert-Delelis de Lens va vibrer pour un match qui revêt toutes les caractéristiques d'une finale. Les féminines du Racing Club de Lens et du Montpellier Hérault Sport Club s'affrontent dans un duel capital pour le maintien en première division. Les deux formations sont actuellement à égalité parfaite avec seulement neuf points au compteur, partageant les dernières places du classement avec les Stéphanoises de l'AS Saint-Étienne.
Le retour de Jean-Louis Saez aux commandes
Pour faire face à cette situation critique, la direction montpelliéraine a pris une décision stratégique la semaine dernière. Jean-Louis Saez, responsable historique de la formation féminine du club, reprend les rênes de l'équipe première en remplacement de Baptiste Merle. Ce dernier avait lui-même succédé à Yannick Chandioux il y a seulement trois semaines.
Ce choix ne doit rien au hasard. L'expérience considérable de Saez, qui avait déjà entraîné le MHSC entre 2013 et 2019, combinée à sa connaissance intime d'un effectif qu'il a largement contribué à former, apparaît comme un atout majeur dans la bataille pour la conservation de la place en D1.
Une saison marquée par les blessures et la jeunesse
La situation difficile du MHSC Féminines trouve en partie son origine dans une infirmerie surchargée depuis plusieurs semaines. Des joueuses clés comme Petiteau, Louis, Blanc, Ouchène ou Lerond ont été absentes, obligeant le collectif à puiser largement dans les réserves du club.
Les jeunes pousses de la D3 et des U19 ont ainsi été projetées prématurément dans le grand bain professionnel. « Beaucoup de joueuses auraient dû passer par la post-formation pour les aguerrir un peu plus », reconnaît Jean-Louis Saez. « Elles sont très impatientes de découvrir le haut niveau. Aujourd'hui, elles y sont et se rendent compte de la difficulté. »
Un bilan sportif alarmant
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : seulement deux victoires en seize matches pour le MHSC, un maigre bilan identique à celui de Lens et Saint-Étienne. À six journées de la fin du championnat, ces trois équipes se disputent une seule place de maintien, Marseille occupant la neuvième position avec six points d'avance.
Les confrontations directes prennent donc une importance capitale. Après le déplacement à Lens ce mercredi, Montpellier recevra Saint-Étienne le 25 avril, tandis que les Stéphanoises accueilleront Lens le 28 mars.
La stratégie de Saez : adaptation et expérience
Face à cette situation tendue, le nouvel entraîneur mise sur la prudence et l'adaptabilité. « Ça serait osé de dire qu'on va gagner », tempère-t-il. « On va là-bas pour faire un bon point et confirmer la bonne seconde mi-temps et l'état d'esprit affiché à Nantes. C'est presque une finale. »
Il y a trois semaines, les Montpelliéraines avaient en effet arraché un précieux point à Nantes (2-2) après avoir été menées 2-0. Seul point glané en 2026, mais qui démontre une certaine capacité de résilience, comme le match nul obtenu face au PSG en décembre dernier.
« On a changé de système et on s'est adapté un peu plus à l'adversaire », analyse Saez. Une qualité qui devra être déployée face à Lens, « une des équipes du championnat qui presse le plus, qui met une grosse intensité ». « Il faudra s'adapter à ça. Être à l'image d'un caméléon, capable de changer de position sur le terrain. »
Des renforts bienvenus
Malgré la trêve internationale, Montpellier a bénéficié de deux semaines et demie de préparation. Le groupe reçoit par ailleurs des renforts significatifs avec le retour de Marion Torrent. La capitaine montpelliéraine, de retour après avoir donné naissance à une petite fille en juillet dernier, sera présente dans le groupe à Lens.
« Elle monte en régime, elle apporte son expérience, ça peut être un atout de plus », se réjouit Jean-Louis Saez. Autre arrivée notable : celle de la gardienne de but Chloé N'Gazi (29 ans), internationale algérienne libérée par Marseille. Elle rejoint les renforts du mercato d'hiver déjà alignés à Nantes : Aude Bizet, Grace Gillard et Ashley Clark.
Ces arrivées compensent en partie les absences de Petiteau (saison blanche) et Lerond (blessée), dont les postes étaient confiés aux internationales U19 Ceylin Yilmaz et Lauryne Chevray. Seule ombre au tableau : la suspension d'Ella Palis.
À trois mois de la fin de saison, le MHSC Féminines se trouve à un tournant décisif. Le match de Lens représente bien plus qu'une simple rencontre de championnat : c'est un test de survie qui pourrait déterminer l'avenir immédiat du club en D1.



