La Jeunesse Villenavaise U17 défie l'élite nationale, un exploit forgé par l'effort et la solidarité
Jeunesse Villenavaise U17 : un exploit face aux clubs pros

La Jeunesse Villenavaise U17 : un défi audacieux face à l'élite du football français

Au cœur de Villenave d'Ornon, en Gironde, l'équipe des moins de 17 ans de la Jeunesse Villenavaise accomplit un petit miracle en évoluant au sein de l'élite nationale, aux côtés de clubs professionnels prestigieux comme le PSG, l'Olympique de Marseille ou le Toulouse FC. Ce parcours exceptionnel n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'un travail acharné et d'une solidarité sans faille.

Un contexte modeste pour des ambitions démesurées

Le club, niché le long d'une ligne de chemin de fer, dispose d'infrastructures réduites : une tribune dont la capacité correspond à peu près aux 400 licenciés, bien loin du stade Atlantique de Bordeaux qui pourrait contenir toute la population de Villenave d'Ornon. Pourtant, sur ce terrain, l'Olympique de Marseille a tremblé lors d'un match nul 2-2, et le Toulouse FC n'a remporté qu'une victoire étriquée 1-2. La Jeunesse Villenavaise U17 fréquente ainsi les U17 Nat, un championnat regroupant en six poules de 16 équipes tous les clubs professionnels et les meilleurs centres de formation du pays.

Des joueurs comme Souleyman de Bègles ou Guilhem de Salles ne se contentent pas de côtoyer ce grand monde, ils le défient avec audace. Le 22 mars, à la veille d'affronter le TFC, l'entraîneur Luca Martin et ses protégés rêvaient de tenir tête à un club professionnel, comme ils l'avaient fait face à Marseille. Dans le club house, les séances vidéo se déroulent dans une ambiance familiale, loin des salles spécialisées des centres de formation professionnels.

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Des inégalités flagrantes surmontées par l'effort collectif

Alors que d'autres clubs de Nouvelle-Aquitaine à ce niveau, comme Marmande et Angoulême, luttent pour le maintien, la Jeunesse Villenavaise assure sa place depuis longtemps et trône dans le top 5 de son groupe. « Une fierté, on appartient à une minorité », confie le défenseur Kelyane. Mais les armes ne sont pas égales : les joueurs des clubs pros bénéficient d'horaires aménagés, tandis qu'ici, les entraînements ont lieu de 19h30 à 21h, après les cours, quatre à cinq fois par semaine.

Esteban, milieu de terrain en alternance en aménagement paysager, souligne la difficulté : « C'est dur, surtout quand on rentre la nuit d'un déplacement et qu'on doit être en cours à 8 heures le lendemain. » Luca Martin, entraîneur et responsable du secteur jeunes, énumère les différences : entraînements sur demi-terrain partagé avec les U18, absence de diététiciens ou de kinésithérapeutes à plein temps, et matériel de musculation limité. Pourtant, le club fait des efforts, comme l'explique James, attaquant : « Pour les déplacements, on part la veille, on dort à l'hôtel, les repas sont pris en charge. Le staff est aussi fourni qu'ailleurs. »

Une équipe soudée par le rêve du professionnalisme

Le staff, composé de Luca Martin salarié, de deux étudiants en STAPS en service civique et de dirigeants bénévoles, œuvre sans relâche. Les joueurs, quant à eux, forment une équipe solidaire et unie, malgré la concurrence naturelle. Souleyman insiste : « Il y a une bonne ambiance, et pourtant je pensais que ce serait tendu. » Ici, pas d'argent, mais une motivation forgée par les efforts, la joie et le rêve commun : être recruté par un club professionnel, car le championnat U17 est l'antichambre des grands centres de formation.

Les sacrifices sont nombreux : pas de grandes vacances d'été, reprise dès le 20 juillet, et une vie d'adolescent normaltronquée. Kelyane constate : « On n'a pas le temps de sortir, ni même de rester un peu devant le lycée après les cours. » Mais sans regrets pour Amir : « On ne fait pas tout ça pour rien, on prend du plaisir à essayer d'atteindre le haut niveau. »

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Des bases solides et une vision d'avenir

Ce succès n'est pas un hasard : il s'appuie sur une base formatrice robuste, renforcée par le recrutement des meilleurs jeunes de la région. Luca Martin, avec son look de D'Artagnan, dirige une compagnie de mousquetaires, des générations 2008 à 2011 qui brillent à différents niveaux. La moitié du groupe U17 a été formée au club, comme Esteban présent depuis quatre ans, tandis que l'autre moitié est arrivée récemment, attirée par ce projet ambitieux.

L'objectif est clair : travailler mieux, favoriser les joueurs du cru, et à terme, faire monter l'équipe première, actuellement en Régional 1, vers le national. La renommée du club est telle que Luca Martin a reçu 300 demandes de mutations pour la saison prochaine, dont une dizaine seront retenues, venant de villes comme Poitiers, Dax ou Mont-de-Marsan. La vocation est aussi d'éclore des talents vers les clubs professionnels, et peut-être qu'un jour, une nouvelle tribune du stade Alain Roche portera le nom d'un U17 de la saison 2025-2026.