À 62 ans, Jean “Jano” Rességuié, voix historique de RMC, s’apprête à vivre sa 8e Coupe du monde. Toujours à la radio, avec RTL, mais aussi à la télévision pour M6, ce personnage lié à l’Hérault entend bien continuer de transmettre son ton unique.
Une passion toujours intacte
Interrogé sur son excitation avant ce nouveau Mondial, Jano Rességuié confie : « Je ne vais pas dire que c’est la même passion, la même attente parce que je ne vais pas être sur place. Mais oui, il y a quand même cette impatience de vivre un événement autour de l’équipe de France avec RTL et puis pour commenter les matches sur M6, même si ce sera depuis Paris. Il y a quand même cette curiosité et surtout le fait de faire le job de façon différente par rapport aux autres Coupes du Monde. »
La Coupe du monde 2026 à la télévision
Cette année, la compétition (11 juin - 19 juillet) sera retransmise par deux chaînes en France. Pour la première fois, en l’absence de TF1, M6 sera l’unique diffuseur en clair, avec 54 affiches dont les matches de l’équipe de France. L’intégralité des 104 matches sera diffusée par beIN Sports, dont 50 en exclusivité, comme Argentine-Algérie le 17 juin.
Commenter à la télévision : un changement de rythme
« C’est le rythme qui va être un peu différent au niveau de la parole, au niveau de l’accompagnement. La radio, on raconte. La télé, on accompagne », explique Rességuié. « J’ai quand même un consultant (Jean-Marc Ferreri) à côté de moi sur lequel je vais beaucoup m’appuyer. Mais je ne vais pas changer ma façon de faire, même s’il y a l’appui de l’image. J’espère que les matches me permettront d’être un peu dans l’enflammade, de transmettre les émotions et la passion. »
Pas de frustration malgré le studio
Commenter depuis un studio plutôt que dans le stade n’est pas une frustration pour lui : « C’est une vraie organisation. Tu dépends encore plus du réalisateur. Mais c’est la Coupe du Monde, on est avec les meilleurs réalisateurs. Une fois que tu as mis le micro-casque, tu as l’impression d’être dans le stade. »
Une voix du foot qui se lit aussi
Jano Rességuié a publié « L’histoire d’une voix du foot » (éditions Talent Sport), préfacé par Jean-Michel Larqué. Il y raconte sa carrière et ses anecdotes, notamment son passage à Sète et Montpellier de 1997 à 2000. Ses célèbres jumelles, utilisées pour commenter des buts comme celui de Ribéry en 2006 ou Umtiti en 2018, sont désormais posées : « Elles feront partie du futur musée, peut-être à Montauban ou à Sète. »
L’apogée de 2018
La victoire en Coupe du monde 2018 reste un moment d’extase : « Quand tu te rends compte, j’ai eu la chance en 2000 de commenter la finale de l’Euro. Mais en 2018, c’est l’apogée. » Il se souvient aussi de la débâcle de 2002, où le Sénégal était devenu son équipe de substitution : « Tu te retrouves dans le même hôtel que le Sénégal, à boire des coups jusqu’à 1h30 ou 2h du matin. Bruno Metsu, paix à son âme, tu mettais une pièce, t’en avais pour deux heures à parler foot. »
Un lien distendu avec les joueurs
Rességuie regrette l’évolution des relations entre journalistes et joueurs : « Les générations d’aujourd’hui, ce ne sont plus les mêmes codes. On est passé aux réseaux sociaux, aux conseillers en images, à l’avocat. On ne les approche plus. C’est une vraie frustration. Depuis Knysna, ils essayent de rapprocher les joueurs, mais ce n’est pas sincère, c’est organisé. »
Souvenirs mémorables
Parmi ses anecdotes, le barrage France-Ukraine en 2013 : « Un moment de dingue. Sakho qui nous fait une Thuram. C’est totalement fou. » Le but de Pavard en 2018 : « Je me loupe, je ne le dis pas correctement. Ce n’est pas clair. » Et la finale 2018 : « Une extinction de voix en direct. J’ai pris des cachets, j’ai un peu exagéré, mais j’ai pu finir la finale. »



