Depuis le premier titre de l’UBB il y a un an, Matthieu Jalibert est à son meilleur niveau. L’ouvreur international tentera d’ouvrir la voie vers un deuxième trophée en finale face au Leinster, samedi (15 h 45) à Bilbao.
L’atmosphère dans les rangs de l’UBB
Interrogé sur l’ambiance qui règne au sein du groupe, Jalibert confie : « Il n’y a pas d’euphorie. Je trouve le groupe assez calme, mais excité aussi à l’approche de ce grand rendez-vous. On essaie de rester dans une préparation normale en maîtrisant ce qu’on peut contrôler et faire abstraction un peu de tout ce qu’il y a autour. »
Défendre le titre : une source de fierté
Pour Jalibert, cette occasion de défendre le titre est « beaucoup de fierté. C’est aussi la concrétisation de tout le travail de cette année, des moments où ça a été compliqué, où il a fallu s’arracher, aller en Afrique du Sud, enchaîner les matchs… Pendant l’hiver, on sait qu’on prépare ce genre de grand rendez-vous, notamment en Coupe d’Europe puisque s’offrir un beau parcours en poules nous permet de recevoir jusqu’à la finale. Il ne faut pas minimiser le fait de revenir sur une deuxième année consécutive en finale de Coupe d’Europe. On ne sait pas ce qui va se passer ce samedi, mais quoi qu’il arrive, je pense qu’il faut qu’on profite parce qu’on n’est jamais sûr d’y revenir. »
Un nouveau titre à conquérir
Le manager Yannick Bru répète souvent qu’on ne défend pas un titre mais qu’on cherche à en conquérir un nouveau. Jalibert adhère : « Oui, bien sûr. Nous, ce qu’on cherche, c’est une deuxième étoile. Après, vous cherchez n’importe quelle phrase pour vous motiver ou tourner les choses dans le sens que vous voulez, mais l’objectif, c’est de gagner et d’inscrire une case de plus dans le CV de ce club et dans l’histoire, forcément. »
La performance face à Perpignan : inquiétude ou motivation ?
La récente victoire en Top 14 contre Perpignan (37-32) a été difficile. Jalibert analyse : « En fait, c’est un peu des deux, parce que c’est vrai qu’en Top 14 ces derniers temps, je pense qu’on ne met pas tous les ingrédients qu’il faut pour pouvoir performer et se rendre les matchs faciles. À Bayonne (38-40), on a mis 50-55 minutes à se mettre dans le match. Contre Perpignan, on s’est fait peur, il a fallu attendre le coaching pour renverser la situation. On sait qu’on est capable de monter le curseur sur des matchs vraiment à quitte ou double. On a été capable de le faire contre Toulouse (30-15 en quarts de finale de Champions Cup), on a été capable de le faire contre Bath (38-26 en demie). J’espère qu’on n’a pas besoin de motivation sur une finale de Coupe d’Europe pour élever nos standards. »
Une deuxième étoile pour marquer l’histoire
Quant à la signification d’un deuxième titre, Jalibert répond : « Je ne sais pas exactement… En tout cas, ça marquerait encore un peu plus l’histoire du club. La première Coupe d’Europe, c’était exceptionnel. En remporter une deuxième d’affilée, un « back-to-back » comme on dit, ce serait encore plus fort. Il y a très peu de clubs qui l’ont réussi. On est dans notre évolution et c’est ça qu’on essaie de rechercher chaque jour en travaillant pour revenir au plus haut niveau chaque saison et disputer ce genre de match. On est sur notre chemin. Une finale, c’est du 50-50. Il y a aussi l’option de perdre et de vivre une désillusion samedi. Mais on va tout faire pour essayer de marquer l’histoire encore un peu plus. »
Le titre de l’an dernier a boosté Jalibert
Sur le plan personnel, Jalibert vit sa meilleure saison. Il explique : « Oui, peut-être inconsciemment. Que ce soit individuellement mais aussi collectivement, ça nous a montré qu’on était capable de gagner des titres, de gagner des grands matchs à enjeu, chose qu’on nous a souvent reprochée. Jouer des matchs de ce niveau et les gagner, ça donne de la confiance et ça propulse aussi pour les saisons suivantes. Ce titre m’a boosté, il m’a peut-être donné un supplément pour continuer à performer. Mais c’est physiquement que j’avais souvent péché. Là, j’ai la chance d’enchaîner les matchs, d’être bien géré par le staff et de ne plus trop avoir ces petits pépins qui m’empêchaient de garder le rythme sur une saison entière. Je suis très content de ça. »
Une préparation plus rigoureuse
Interrogé sur les changements dans sa préparation, Jalibert précise : « Non, pas spécialement. Je pense que j’ai un peu plus de rigueur, j’essaie de faire un peu plus attention mais il y a aussi le fait d’être mieux managé, je pense. J’enchaîne moins de matchs, je suis un peu plus préservé, et je pense que c’est important pour moi. C’est un facteur qu’il faut prendre en compte. »
Le Tournoi des Six-Nations a renforcé sa confiance
Le titre avec l’UBB suivi du Tournoi des Six-Nations remporté avec le XV de France a apporté encore plus de confiance à Jalibert : « Oui. L’équipe de France a toujours été le petit plus qui me manquait. Être capable d’enchaîner les bonnes performances au niveau international, faire un bon Tournoi et, en plus, le gagner, ça m’a donné de la confiance. »
Un leadership naturel
Yannick Bru a souligné l’évolution de Jalibert en tant que leader. L’ouvreur commente : « Je ne sais pas. J’ai vu qu’il avait dit ça plusieurs fois. Après, je n’ai pas réellement l’impression d’avoir changé beaucoup de choses. Je joue à un poste qui demande pas mal de responsabilités. Je pense qu’il y a aussi l’âge et la maturité qui font que j’essaie peut-être d’aller un peu plus vers les autres, de mieux comprendre les mecs pour qu’on ait une meilleure osmose sur le terrain. Après, je ne me considère pas comme un grand leader de vestiaire. J’essaie juste de donner l’exemple sur le terrain avec mes qualités et mes défauts. Je ne joue pas un rôle, j’essaie juste d’être naturel. Mais si Yannick (Bru) trouve qu’il y a une évolution, alors tant mieux. Le principal, c’est que je me sente bien individuellement et collectivement sur le terrain. »
Le Leinster, un adversaire redoutable
Jalibert analyse les forces du Leinster : « Leur défense est très agressive, ils mettent beaucoup d’intensité dans les zones de ruck. Ils ont une bonne conquête, des joueurs talentueux, ils sont très bons dans les duels aériens. Tous les points forts qu’ils ont, c’est un peu ce qui peut nous mettre en difficulté sur certains matchs si on n’est pas à 100 % dans nos efforts et dans notre réactivité. On sait que notre jeu peut leur poser des problèmes mais eux aussi ont des solutions qui peuvent nous mettre à mal. »
Jouer dans le désordre, une force de l’UBB
À propos de la capacité du Leinster à s’adapter au jeu déstructuré, Jalibert explique : « Je ne vais pas vous dire tout ce qu’on va essayer de faire mais forcément, ça fait partie de notre ADN. On essaie toujours d’emballer les matchs, de jouer un peu dans ce qu’on appelle le désordre, essayer de créer le chaos. Je pense qu’on est une des meilleures équipes en Europe pour ce jeu-là. Mais on sait aussi que les adversaires essaient de nous ralentir les ballons, de nous priver de munitions sur turnover, de mettre beaucoup de pression dans les airs pour avoir des contre-attaques. Parfois, on tombe dans le piège et parfois, quand on est à notre niveau, on arrive à les mettre en difficulté. Ce sera tout le challenge de ce match-là. »



