L'Iran maintient sa participation à la Coupe du monde malgré le boycott des États-Unis
Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient, la question de la participation de l'Iran à la Coupe du monde de football 2026 a suscité de vives incertitudes. Ce jeudi, le président de la Fédération iranienne de football, Medhi Taj, a apporté une clarification majeure : l'Iran boycottera les États-Unis, mais pas la compétition mondiale. Cette annonce intervient après des rebondissements diplomatiques et sécuritaires liés au conflit récent entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Un revirement stratégique après des menaces initiales de boycott
Initialement, suite aux offensives américaines et israéliennes fin février 2026, l'Iran avait évoqué la possibilité d'un boycott complet de la Coupe du monde. Medhi Taj avait alors laissé planer cette hypothèse, précisant que la décision finale reviendrait aux autorités sportives iraniennes. Cependant, dans une vidéo diffusée par l'agence de presse Fars, il a affirmé : « Nous nous préparons pour la Coupe du monde. Nous boycottons les États-Unis, nous ne boycottons pas la Coupe du monde ». Cette déclaration marque un retournement de situation, soulignant la volonté de l'Iran de participer à l'événement tout en exprimant son opposition politique.
Les préoccupations sécuritaires et les réactions internationales
La sécurité des joueurs iraniens sur le sol américain est au cœur des débats. Le président américain Donald Trump a estimé, le 12 mars, que l'équipe nationale d'Iran ne serait pas en sécurité aux États-Unis, écrivant sur Truth Social : « L'équipe nationale d'Iran est la bienvenue à la Coupe du monde mais je ne pense vraiment pas que leur présence soit appropriée, pour leur propre vie et sécurité ». En réponse, la Team Melli a riposté sur Instagram, affirmant que personne ne pouvait exclure l'Iran de la compétition et critiquant les capacités sécuritaires de l'hôte.
Les matchs de poule de l'Iran étaient initialement prévus aux États-Unis, contre la Nouvelle-Zélande et la Belgique à Los Angeles, et face à l'Égypte à Seattle, avec un camp de base à Tucson, en Arizona. Face à ces défis, l'Iran explore des alternatives.
Vers une solution au Mexique pour les matchs iraniens
Refusant de mettre le pied sur le territoire américain, l'Iran s'est tourné vers le Mexique, co-hôte de la Coupe du monde 2026. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exprimé l'ouverture de son pays à accueillir la Team Melli. L'ambassade d'Iran au Mexique a confirmé être en négociations avec la FIFA pour disputer les matchs dans ce pays. Medhi Taj a déclaré : « Étant donné que Trump a clairement déclaré ne pas pouvoir garantir la sécurité de l'équipe nationale iranienne, nous ne nous rendrons certainement pas aux États-Unis. Nous sommes en négociations avec la FIFA pour que les matches de l'Iran à la Coupe du monde se déroulent au Mexique ».
La FIFA, contactée par l'AFP, a indiqué être en contact régulier avec toutes les fédérations, y compris celle d'Iran, pour discuter de la planification, sans toutefois confirmer une délocalisation. À moins de 100 jours du match d'ouverture, cette situation embarrasse Gianni Infantino, président de la FIFA, connu pour sa proximité avec Donald Trump, et affecte d'autres pays qualifiés comme l'Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie, touchés par le conflit.
En somme, la participation de l'Iran à la Coupe du monde 2026 reste assurée, mais sous des modalités revisitées, reflétant les complexités géopolitiques qui entourent cet événement sportif majeur.



