Habib Beye prend les rênes de l'Olympique de Marseille avec émotion et détermination
Pour sa première journée officielle en tant qu'entraîneur de l'Olympique de Marseille, Habib Beye n'a pas caché ce jeudi sa « grande fierté ». Le technicien franco-sénégalais, présenté en conférence de presse, a cependant immédiatement voulu « sortir des émotions » pour mieux « se focaliser sur le travail » qui l'attend à la tête du club phocéen.
Une entrée en matière chargée de symboles
Habib Beye a arboré un large sourire ce jeudi matin en faisant son entrée sur le terrain du centre d'entraînement pour sa première séance à la tête de l'OM. L'émotion a été renforcée lorsqu'il a découvert, dans la salle de conférence de presse, une photo le représentant sous le maillot bleu et blanc du club, remontant à 2004. Cette image immortalise un soir historique où Didier Drogba, Fabien Barthez, Beye et leurs coéquipiers avaient fait rugir le Stade Vélodrome en battant Newcastle en demi-finale de la Coupe de l'UEFA.
« Je ressens une grande fierté. Je suis très, très heureux d'être ici, parce que vous savez l'attachement que j'ai pour ce club », a déclaré le nouvel entraîneur marseillais en préambule de sa présentation. « Mais je me suis interdit d'être trop dans ces émotions. J'ai simplement appelé ma maman après avoir signé mon contrat hier, mais je dois me focaliser sur le travail », a-t-il immédiatement tempéré.
Un contexte club particulièrement agité
L'arrivée de Habib Beye met fin à une séquence extrêmement mouvementée pour l'Olympique de Marseille. En l'espace d'un mois seulement, le club a connu :
- Une élimination de la Ligue des champions
- Une défaite cinglante face au Paris Saint-Germain
- Le départ de l'entraîneur Roberto De Zerbi
- La mise à l'écart du président Pablo Longoria
- La démission puis le retour en force de Medhi Benatia
Le directeur du football était d'ailleurs présent jeudi matin au bord du terrain pour assister à la prise de contact entre Beye et ses joueurs, ainsi qu'à la première séance d'entraînement du nouveau coach.
Une approche pragmatique face à l'urgence
« Je pense que lorsque vous arrivez dans un club et que vous n'avez que 24 heures pour travailler, il faut savoir aussi voir ce qui a été mis en place et ne pas tout changer d'un seul coup », a expliqué Beye, qui succède aux intérimaires Jacques Abardonado et Romain Ferrier, tous deux présents jeudi sur le terrain.
« Mon impact est forcément un peu limité par le temps. On aura plus de temps en Espagne pour apprendre à se connaître et poser les choses que l'on veut poser », a-t-il ajouté en référence au stage prévu à Marbella entre le match à Brest et la réception de Lyon le 1er mars.
Retrouver le plaisir de jouer
Alors que Marseille compte désormais cinq points de retard sur l'Olympique Lyonnais, Beye, qui a rapidement rebondi après avoir été écarté de son poste à Rennes, sait qu'il dispose de peu de temps pour remettre son équipe sur les rails.
« Je ne considère pas que l'équipe soit malade. Mais il y a des dynamiques parfois qui sont un petit peu plus négatives », a-t-il relativisé. « J'ai dit aux joueurs que l'un des éléments fondamentaux, c'était la notion de plaisir. Si tu n'as pas de plaisir à être à l'OM, à jouer au Vélodrome, malheureusement, il va manquer quelque chose ».
Le technicien, qui a porté le maillot marseillais de 2003 à 2007 et en a été le capitaine, a rappelé : « Je le redis, le passé c'est le passé, mais mes quatre années passées ici ont été quatre années de plaisir immense ».
L'héritage de Pape Diouf face à la crise
Confronté à la situation difficile que traverse actuellement l'OM, Habib Beye a évoqué le souvenir de Pape Diouf, ancien président du club et Franco-Sénégalais comme lui.
« C'était mon père spirituel et il me disait que quand le feu brûle à Marseille, parfois il faut le laisser brûler, parce qu'il va s'éteindre tout seul », a-t-il raconté. « On peut essayer d'apaiser le contexte, mais ça restera volcanique. On ne peut pas changer ce qu'est l'OM », a conclu le nouvel entraîneur, conscient du défi qui l'attend dans un club où la passion ne connaît jamais de répit.



