Goulven Marie, seul Azuréen sur la Route du Rhum 2026
Goulven Marie, seul Azuréen en Route du Rhum

Il est l'unique Azuréen engagé sur la prochaine Route du Rhum. Tout prédestinait le Vençois d'adoption Goulven Marie à être au départ de la plus mythique des transats en solitaire, dont le départ sera donné de Saint-Malo le 1er novembre prochain.

Un rêve d'enfance devenu réalité

Depuis toujours, la fenêtre de son âme donne sur le grand large et la beauté parfois terrifiante des océans. De ses souvenirs d'enfance, il garde précieusement ces moments quasi hors du temps, passés à arpenter les pontons de Saint-Malo pour admirer avec fascination les drôles d'engins dessinés pour la course transocéanique, ainsi que les hommes à l'audace et au sens marin suffisamment éprouvés pour se lancer dans une telle aventure. Le spectacle de cette flottille aux mille accents, bigarrée dans son ballet toilé, partant soudainement embrasser l'horizon avec pour objectif de rallier Pointe-à-Pitre, a longtemps nourri les rêves de Goulven Marie.

Son parcours et ses choix de vie l'ont contraint à patienter avant d'être à son tour au départ. Une course entrée dans la légende dès sa première édition, lorsque le Canadien Mike Birch sur son petit Olympus a damé le pion au Français Michel Malinovsky pour 98 secondes, faisant entrer les multicoques dans une nouvelle ère.

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« Évidemment que ça m'a toujours fait rêver. Mais dans la famille, on a eu des capitaines, des trois-mâts, des cap-horniers, alors c'était une évidence. Et puis, de façon générale, il y a toujours en Bretagne cette culture tournée vers la mer », confie-t-il.

Un projet mûri et une préparation minutieuse

Le Vençois d'adoption a pris le temps nécessaire pour se reconnecter à son destin et bâtir un projet sérieux et crédible. Sachant qu'à ses yeux, « la course au large est quelque chose qui ne s'improvise pas ». Son passé de Figariste et sa passion solidement chevillée au mât de ses certitudes lui ont offert la crédibilité nécessaire pour convaincre un partenaire titre, Qwanza, de l'accompagner sur la durée.

Quatre ans plus tard, après avoir disputé trois transats (dont deux Café L'Or, ex-Jacques-Vabre) sans gros tourments malgré un brin de malchance, le marin a suffisamment mûri pour se draper d'une certaine légitimité. Il a appris à dompter la fougue de son destrier, à ne faire qu'un avec sa machine. « À force d'enquiller les milles en course, on finit par acquérir les bons réflexes, à prendre les bonnes décisions aux bons moments », explique-t-il.

Son bateau, un plan Verdier mis à l'eau en 2010 ayant appartenu à Yannick Bestaven, porte les stigmates de ses récentes virées. « Les voiles ont pas mal souffert. J'ai réussi à les maintenir en vie pour la saison méditerranéenne, mais je ne pourrai pas faire autrement que d'en racheter d'autres, d'occasion évidemment. En parallèle, on va continuer tout un travail de fiabilisation. C'est la clé d'une préparation réussie. Concrètement, je vais revoir toute l'électronique embarquée. La coque et le gréement sont en revanche hypers sains », détaille-t-il.

Un marin réaliste mais passionné

Sur cette 13e édition, où professionnels, figures de la voile et amateurs vont se tirer la bourre sur 3 542 milles nautiques (environ 6 560 kilomètres), Goulven est l'un des seuls du plateau à être délesté de l'obligation de réussir la qualif des 1 000 milles en solo avant le départ. « Du coup, idéalement, l'idée serait de convoyer le bateau là-bas (Saint-Malo) dans des conditions un peu plus safe (en équipage réduit et avec escales) et un peu plus tôt, c'est-à-dire durant l'été. Et d'avoir ainsi un peu plus de temps pour bricoler à bord. Mais les courses d'avant-saison vont déjà permettre de finaliser un certain nombre de choses, de continuer à prendre des informations qui me seront toujours utiles », précise-t-il.

Pour autant, le quinqua ne perd pas de vue l'essentiel. Son objectif est d'arriver à bon port, dans les temps, sachant qu'il est insuffisamment armé pour rivaliser avec les meilleurs, en particulier dès qu'ils toucheront les Alizés. « Mais ça reste une vraie aventure. Et le terrain de jeu est le même », sourit-il.

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La Route du Rhum est d'abord et avant tout une invitation à l'humilité. Les fortunes de mer qui en émaillent l'Histoire et le lourd tribut payé par les navigateurs depuis 1978 (Alain Colas en 1978 et Loïc Caradec en 1986 ont disparu en mer) le rappellent régulièrement.