Tombeurs du tenant du titre Rennes en Bretagne (1-2) samedi 25 avril, les U18 Montpelliérains ont affiché une détermination impressionnante pour s'ouvrir les portes de la finale de la Coupe Gambardella. Un rendez-vous prévu le 22 mai au Stade de France, où la Paillade tentera de décrocher le quatrième titre de son histoire.
Un cri de victoire lancé par le président
Dans les vestiaires du Roazhon Park, Laurent Nicollin a lancé le "zigue zague", un cri de victoire pour accompagner ces jeunes qui deviennent très grands grâce à une exceptionnelle aventure. Vingt-cinq jours, moins d'un mois, pour s'offrir une suite quatre étoiles avec un quatrième sacre dans l'épreuve.
"Dès qu'il a sifflé, on était tous très contents. On a couru de partout. C'est là qu'on a réalisé qu'on allait au Stade de France. C'était incroyable", souriait Noah Vidal-Cartoux, épatant petit gabarit découvert chez les pros lors de son entrée contre Laval en L2, mi-mars, et éblouissant à Rennes à gauche de l'attaque.
Des joueurs conscients de l'enjeu
"On est très fiers de ce qu'on a fait, abondait son coéquipier Angelo Tognarelli, défenseur et premier buteur samedi. On est contents de la victoire. Maintenant, on va se concentrer sur la finale." Dans la zone mixte rennaise, les jeunes Montpelliérains se sont attardés en groupe, plus sur leur bonheur que sur l'identité de leur futur adversaire, alors inconnue.
"C'est un rêve d'enfance. C'était une dinguerie. On était tous hors de nous. On a vu nos familles heureuses et ça nous rend heureux. On fait ça pour vivre des moments comme celui-là. C'est magnifique", soufflait Laciné Megnan-Pavé, euphorique tête d'affiche de cette équipe du haut de ses 16 ans et d'un potentiel immense. Si l'attaquant bluffe sur le terrain, où il a provoqué samedi le penalty à l'origine du premier but, il détonne également par sa maturité et son sang-froid.
Un état d'esprit exemplaire
"On est prêts à affronter qui que ce soit. Quand on voit les gens du club qui ont gagné avant eux, ça donne envie de marquer l'histoire, encore une fois. On sait qu'on peut le faire", affirmait-il avec aplomb. Le gamin natif de Montpellier et ses partenaires balayent les pronostics à la force d'un collectif de "talent mais sans ego surdimensionné" selon Megnan-Pavé.
"Avec un état d'esprit exemplaire, ajoute leur entraîneur Michel Rodriguez. Mais je ne veux pas réduire ces résultats qu'à l'état d'esprit. On a aussi beaucoup de qualités. Tu ne peux pas accéder à une finale de Gambardella sans qualités."
La comparaison avec 1996
Ce cocktail, bâti sur les pelouses et les routes, le coach pailladin le reconnaît. "En 1996, on était nous aussi souvent présentés comme les outsiders. À l'arrivée, on était une vraie famille et on donnait le maximum. La similitude, elle est peut-être là", compare Rodriguez, vainqueur il y a trente ans comme joueur. Dans vingt-cinq jours, ses joueurs seront peut-être ses successeurs.
D'ici là, Vidal-Cartoux, Tognarelli, Megnan-Pavé et leurs partenaires "vont être pris par les études, le bac pour certains. Mais on a l'habitude, assure le technicien, qui espère récupérer le latéral Isyak Mohamed, absent samedi pour une pubalgie. Lors des trois dernières saisons, on était en play-off du championnat U19." Le 22 mai, ce sera un autre enjeu. Mais toujours la même bande et son esprit.



