L'équipe de France affronte l'Espagne ce mardi 14 juillet à 21h à Dallas en demi-finale de la Coupe du monde 2026. Portée par Kylian Mbappé, auteur de 8 buts, le onze tricolore vise une troisième finale consécutive inédite face au champion d'Europe en titre, vainqueur de leurs deux dernières confrontations.
Un choc au sommet entre deux géants du football
Il y a deux ans, la "Roja" avait effacé un déficit d'un but pour battre la France (2-1) en demi-finales de l'Euro allemand avant de conquérir un quatrième titre continental – un record. Et elle a encore battu les Bleus (5-4), également en Allemagne, en juin 2025, dans le dernier carré de la Ligue des Nations. Leur troisième confrontation en trois ans, mardi à Dallas, encore en demi-finales, met en exergue à la fois la continuité dans les deux camps – sur les bancs de touche ainsi que sur le terrain –, et tout ce qui a changé depuis lors chez les Bleus.
Si plus de la moitié des joueurs sélectionnés en équipe de France pour cette Coupe du monde ont participé à l'Euro 2024, si sept titulaires pour la demi-finale face à l'Espagne il y a deux ans à Munich pourraient à nouveau débuter le match à Dallas, les similitudes ne sont en réalité plus légion. Didier Deschamps a évoqué la ferveur autour des Bleus lors de cette Coupe du monde, soulignant l'engouement populaire.
Une attaque de feu pour les Bleus
En quête de fluidité et d'impact offensif lors du dernier Championnat d'Europe, durant lequel elle avait avant tout reposé sur sa solidité défensive, l'équipe de France apparaît désormais plus équilibrée et portée par une attaque de feu, avec Kylian Mbappé (8 buts, à égalité avec Lionel Messi en tête du classement des buteurs du tournoi), Ousmane Dembélé (5 buts) et Michael Olise (meilleur passeur du Mondial, 5 passes décisives).
Le contraste est saisissant pour Kylian Mbappé. Gêné par une fracture du nez survenue lors du premier match de l'Euro 2024, le capitaine tricolore avait traversé le tournoi sans briller ni inscrire le moindre but dans le jeu, signant une seule réalisation, sur penalty, lors de la phase de groupes. Au moment de retrouver la "Roja", la dynamique tricolore est tout autre.
Aux États-Unis, les joueurs de Didier Deschamps ont prouvé leur capacité à s'adapter à leurs adversaires, à faire bloc sans le ballon et, surtout, à se montrer plus créatifs, capables de fulgurances mais aussi de patience. Deuxième meilleure attaque (16 buts) de la Coupe du monde, derrière l'Argentine (17), la France dispose d'options offensives sans pareilles, avec notamment Bradley Barcola ou Désiré Doué pour compléter le quatuor offensif aux côtés de Mbappé, Dembélé et Olise.
Le défi tactique face à l'Espagne
Face au Maroc (2-0) en quarts de finale, les Bleus ont prouvé qu'ils savaient s'adapter tactiquement, résistant à la pression de leur adversaire sans lui permettre de se créer de réelles occasions de but, avant de faire mouche coup sur coup en seconde période pour sceller le sort du match. Le défi, mardi soir, sera précisément de trouver le bon équilibre face à une équipe d'Espagne qui pourra s'appuyer en attaque sur Lamine Yamal, remis de la blessure à une cuisse qui l'a gêné en entame du tournoi, et qui n'a concédé qu'un seul but (en quarts de finale, face à la Belgique, 2-1).
Fidèle à sa stratégie, la sélection dirigée par Luis de la Fuente aime s'accaparer le ballon, comme il y a deux ans, non pas pour multiplier les vagues offensives mais plutôt pour empêcher ses adversaires d'avancer et pour les faire craquer. Les Belges ont toutefois montré qu'il était possible de contrecarrer les plans de la Roja en résistant à son pressing et en utilisant les espaces laissés derrière son milieu de terrain.
Reste à savoir si Didier Deschamps va demeurer fidèle à la structure des Bleus dans ce tournoi ou s'il choisira de densifier son milieu de terrain, alors que conserver quatre joueurs offensifs pourrait s'avérer à double tranchant si l'Espagne venait à contrecarrer les velléités tricolores. Au sortir de la victoire face à la Belgique au tour précédent, Luis de la Fuente a déclaré que l'Espagne était la seule équipe à avoir battu la France deux fois d'affilée. "Mais ce troisième match sera très différent", a-t-il ajouté, évoquant un affrontement entre deux équipes "de très haut niveau".
Les compositions probables
Rencontre au AT&T Stadium, Dallas, Texas (USA) à 21h.
France : Maignan (G) – Koundé, Upamecano, Saliba, Digne – Tchouaméni, Rabiot – Dembélé, Olise, Doué – Mbappé (C)
Remplaçants : Risser (G), Samba (G) – Gusto, Konaté, L. Hernandez, T. Hernandez, Lacroix – Kanté, Koné, Zaïre-Emery – Akliouche, Barcola, Cherki – Mateta, Thuram
Coach : Didier Deschamps
Espagne : Simon (G) – Porro, Cubarsi, Laporte, Cucurella – Rodri (C), Ruiz – Yamal, Olmo, Baena – Oyarzabal
Remplaçants : J. Garcia (G), Raya (G) – E. Garcia, Grimaldo, Llorente, Pubill – Gavi, Pedri, Zubimendi – Pino, F. Torres, Williams – Iglesias, Merino, Munoz
Coach : Luis de la Fuente
Arbitre : Ivan Barton (SLV)
Un enjeu historique pour les deux nations
La Roja ambitionne de réussir à nouveau le doublé Championnat d'Europe-Coupe du monde, après être devenue la première équipe à signer un triplé (Euro 2008, Mondial 2010 et Euro 2012). Pour la France aussi, l'histoire est à portée de main. Si elle venait à battre l'Espagne, elle se qualifierait pour la cinquième finale mondiale de son histoire, en huit éditions du tournoi, après 1998, 2006, 2018 et 2022. Il s'agirait alors pour les Bleus d'une troisième finale consécutive en Coupe du monde, ce qu'aucune équipe n'a réalisé depuis le Brésil entre 1994 et 2002. Cette régularité trouve sa source dans la capacité de Didier Deschamps, qui quittera ses fonctions après le tournoi, à renouveler son équipe sans jamais délaisser sa culture de la gagne.



