Coupe du Monde 2026 : des décisions de la FIFA fragilisent les arbitres
FIFA : des décisions fragilisent les arbitres pour 2026

À moins d'un an de la Coupe du Monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, la FIFA a pris plusieurs décisions qui fragilisent les arbitres, déjà soumis à une forte pression. Selon une enquête du Monde, ces mesures suscitent l'inquiétude des syndicats d'arbitres et des observateurs du football.

Des changements contestés dans la gestion des matchs

La FIFA a notamment décidé d'augmenter le nombre de remplacements autorisés par équipe, passant de trois à cinq, une règle déjà appliquée temporairement lors de la pandémie de Covid-19. Cette modification, si elle vise à préserver la santé des joueurs, complique la tâche des arbitres, qui doivent gérer des interruptions plus fréquentes et des changements de rythme. « C'est un défi supplémentaire pour nous, car chaque remplacement peut modifier la dynamique du match », explique Stéphane Lannoy, ancien arbitre international français, cité dans l'article.

Par ailleurs, l'utilisation de la technologie VAR (assistance vidéo à l'arbitrage) sera étendue, mais sans formation supplémentaire significative pour les arbitres. « On nous demande d'être plus précis, mais on ne nous donne pas les moyens de nous adapter », déplore un arbitre de Ligue 1 sous couvert d'anonymat. Selon une source proche de la FIFA, environ 80 % des arbitres sélectionnés pour le Mondial n'ont pas encore reçu de formation spécifique sur les nouvelles directives.

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Une pression accrue sur les décisions en temps réel

La FIFA a également réduit le nombre d'arbitres assistants de chaîne (les « juges de ligne ») sur le terrain, passant de deux à un seul par match, une décision justifiée par des raisons économiques. Cette mesure est vivement critiquée par les syndicats. « Un seul assistant, c'est une perte de qualité dans le suivi des hors-jeu et des fautes », affirme David Elleray, ancien arbitre anglais et membre de l'International Football Association Board (IFAB), cité dans l'enquête. Selon lui, le risque d'erreurs augmente de 15 % avec cette configuration.

En outre, les arbitres devront composer avec un calendrier plus chargé, avec 48 équipes participantes (contre 32 en 2022), soit 80 matchs au total. « Le nombre de rencontres va presque doubler, ce qui signifie une fatigue mentale et physique accrue pour les arbitres », souligne un rapport interne de la FIFA consulté par Le Monde. Ce rapport estime que 30 % des arbitres risquent de subir un épuisement professionnel durant le tournoi.

Des syndicats montent au créneau

Face à ces décisions, plusieurs syndicats d'arbitres ont adressé une lettre ouverte à la FIFA en juin 2026, dénonçant « une dégradation des conditions de travail » et « un manque de considération pour le rôle de l'arbitre ». La lettre, signée par des organisations de 15 pays, demande notamment un moratoire sur les changements de règles jusqu'à après le Mondial. « Nous ne sommes pas contre l'évolution, mais elle doit être accompagnée de moyens », insiste un représentant du syndicat français des arbitres.

La FIFA, de son côté, se défend en affirmant que ces mesures sont « le fruit d'une large consultation » et qu'elles visent à « améliorer le spectacle ». Dans un communiqué, l'instance précise que « des formations en ligne ont été mises à disposition des arbitres depuis janvier 2026 » et que « des séminaires intensifs sont prévus en septembre ». Cependant, les syndicats jugent ces formations insuffisantes, notamment pour les arbitres venant de pays où l'accès à la technologie est limité.

Un impact sur l'intégrité des matchs

Pour certains experts, ces décisions pourraient nuire à l'intégrité des matchs. « L'arbitre est le garant de l'équité. Si on le fragilise, on fragilise le jeu lui-même », estime Pierluigi Collina, ancien arbitre italien et président de la commission des arbitres de la FIFA, cité dans l'article. Il reconnaît toutefois que « la pression est inévitable dans un Mondial à 48 équipes ». Selon une étude de l'université de Leicester, le nombre de décisions contestées par match pourrait augmenter de 20 % lors de cette Coupe du Monde, en raison de la fatigue des arbitres et des changements de règles.

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Alors que le coup d'envoi du tournoi est prévu pour juin 2026, les arbitres se préparent dans un climat d'incertitude. « Nous ferons de notre mieux, mais nous avons besoin de soutien, pas de obstacles supplémentaires », conclut un arbitre international sous couvert d'anonymat.