Charly Bérard, ancien coéquipier de Bernard Hinault et Greg LeMond au sein de l'équipe La Vie Claire, a livré un avis sans concession sur la participation de Paul Seixas au Tour de France. À seulement 19 ans, le jeune Français a pris le départ de la Grande Boucle ce samedi, suscitant des interrogations dans le monde du cyclisme. Pour Bérard, rencontré à l'occasion du 40e anniversaire du doublé LeMond-Hinault, cette décision est prématurée.
Un lancement jugé précipité
« Sportivement, c’est une connerie. Pour la communication, c’est magnifique, mais qu’il apprenne à gagner le Dauphiné déjà ! », a-t-il déclaré. Bérard, qui a porté le maillot à pois du Tour de France en 1981, estime que Seixas n'a pas encore fait ses preuves sur des courses de préparation. « Je lui souhaite de remporter sept Tours de France, mais bon, il n’est pas obligé de commencer à 19 ans. Dans le meilleur des cas, il finit sur la boîte. Mais troisième et premier, ce n’est pas pareil : des troisièmes du Tour, on ne s’en souvient pas. »
Un pari risqué pour l'avenir
Le jeune coureur, qui vise « le meilleur classement général possible », pourrait selon Bérard compromettre son développement en se lançant trop tôt dans la compétition la plus exigeante du cyclisme. « Pourquoi précipiter les choses ? Là, il a raté le Dauphiné, qu’il file au Tour d’Espagne. Si c’est mon gamin, il ne le fait pas. » Ces propos reflètent un débat récurrent dans le milieu : faut-il protéger les jeunes talents ou les exposer rapidement au plus haut niveau ?
Un précédent dans l'histoire du cyclisme
L'histoire du cyclisme compte plusieurs exemples de champions ayant brillé très jeunes, mais aussi d'autres ayant payé un lourd tribut à une exposition précoce. Bérard, fort de son expérience aux côtés de légendes comme Hinault et Fignon, met en garde contre une approche trop médiatique. « Pour la communication, c’est magnifique », concède-t-il, mais l'essentiel reste la performance sportive durable.



