Natif de Dublin, en Irlande, où réside toujours une très grande partie de sa famille, Daniel Brennan sait que cette demi-finale de Champions Cup face au Leinster (ce samedi 2 mai à 16 h) sera particulière pour lui. Le pilier gauche du RCT, que nous avons rencontré, explique pourquoi.
Un attachement profond à Dublin
Si dans une carrière, affronter le Leinster à l’Aviva Stadium, qui plus est en demi-finale de Champions Cup, semble déjà être un événement fort en émotions, ce dernier le sera encore un peu plus pour Daniel Brennan. Né à Dublin le 23 septembre 1998, le pilier gauche ayant grandi du côté de Toulouse a gardé une attache très forte avec l’Irlande. Mais au fond, qu’est-ce que le Leinster évoque chez lui ? Attablé au Campus RCT, il raconte, avec le sourire aux lèvres : « Le Leinster… c’est Dublin. C’est la ville où je suis né, où il y a encore toute ma famille, mes grands-parents, mes oncles, mes tantes, mes cousins. C’est un endroit qui est très, très important pour moi. Sinon, le Leinster en lui-même, c’est l’équipe où mon père a démarré chez les professionnels. C’est chez nous, on va dire. »
Le soutien de la famille
Trevor Brennan, son paternel, troisième ligne réputé pour être un dur au mal, international irlandais à treize reprises, a en effet lancé sa carrière chez les Leinstermen en 1996, avant de rejoindre le Stade toulousain en 2002. Ainsi, vingt-quatre ans après le départ de son père, Daniel Brennan, dit le “Zer”, a-t-il gardé un lien particulier avec cette province ? « Non, pas vraiment, répond-il du tac au tac. Ce n’est pas un club de cœur ou quoi. C’est juste ma ville, celle où j’ai grandi, celle où mon grand-père supporte Dublin au football gaélique. Plus que le Leinster, c’est ça, Dublin, pour moi. L’endroit où je rentre tous les ans pour voir mes grands-parents. C’est peut-être même là-bas que j’ai bu ma première bière (sourire). C’est un lieu important au niveau familial. Mes racines sont en Irlande. »
Alors, au sortir du succès avec Toulon à Glasgow en quart, puis de l’officialisation de la demi-finale à l’Aviva Stadium face au Leinster, comment sa famille a-t-elle réagi ? Que lui ont dit Trevor, son père, Joshua et Bobby, ses deux frères ? Il se marre : « Ah… ils étaient contents ! Ils m’en avaient déjà parlé avant même qu’on se qualifie. Je pense que beaucoup de personnes de notre famille et de nos amis vont faire le déplacement. Il y aura beaucoup d’Irlandais avec le maillot de Toulon, ça, c’est sûr. »
Un supplément d’âme
De quoi donner un supplément d’âme au pilier gauche, récemment gêné par une vilaine blessure au niveau du bras, liée à un nerf pincé ? « Je vais être le plus heureux de les voir là-bas, reprend-il. Honnêtement, ce n’est pas toujours facile. Je suis un peu jaloux quand je vois que certains mecs, à Toulon, ont toute leur famille qui vient les voir jouer le week-end. Moi, c’est très, très rare. J’ai une famille partagée, avec mes parents à Toulouse, mes oncles et tout le reste en Irlande. Mais là, ça sera sûrement l’occasion d’en regrouper un maximum, et ça me fait chaud au cœur. En plus, je sais qu’ils seront tous pour Toulon (rires). La famille, c’est tout pour moi. Je n’ai pas envie de dire jusqu’où j’irai pour eux, mais il n’y a pas grand-chose que je ne ferai pas. J’ai eu la chance de grandir dans un environnement où la famille était très importante et j’ai conservé ça. »
Rendez-vous avec son histoire
Ce samedi après-midi à l’Aviva, en plus de jouer la première demi-finale de Champions Cup de sa carrière, Daniel Brennan disputera son premier match sur le sol irlandais. Un symbole, là aussi. « J’ai joué des matches de Challenge et de Champions dans toute l’Europe, mais jamais là-bas, sourit-il. Alors, je le sais déjà, ça sera énorme. J’espère vraiment que mon grand-père aura assez d’énergie pour venir. Ça fait longtemps qu’il ne m’a pas vu jouer. »
Si cet événement sera forcément singulier, l’attachant pilier gauche ne veut pas centraliser l’attention. Et à l’instar du leader de vie du vestiaire toulonnais qu’il est, il tient à le rappeler : « Mon histoire reste anecdotique. Ma petite personne ne fera rien sans les mecs autour. Il ne faut surtout pas que ça devienne le motif numéro 1. On est là pour faire un match d’équipe, de groupe, de club. Sans ça, on n’arrivera à rien. » Toujours juste dans ses mots, Daniel Brennan le sait malgré tout : à Dublin, il a rendez-vous avec son histoire. Familiale… et rugbystique !



