Un Hugo en chasse un autre. Touché à un genou, Hugo Robineau voit sa fin de saison avec le Boulazac Basket Dordogne très compromise. Pour remplacer son meilleur marqueur (15 points de moyenne), le club périgourdin intègre Hugo Lasalvary, 19 ans depuis quelques jours. Formé à Limoges, au Saint-Louis Gonzague, à l’ASPTT puis au CSP, le meneur/arrière sera de tous les entraînements pros. Son nom sera couché sur chaque feuille de match de Betclic Élite — il était présent lors du déplacement à Saint-Quentin début avril, sans jouer.
« Il y a peut-être une fenêtre pour lui, je ne dirais pas un train qui passe, mais une opportunité de fouler le parquet, avance Alexandre Ménard, l’entraîneur des pros du BBD. Et ce sera à lui de la saisir le moment venu. D’être prêt. » Ça, personne n’en doute. Surtout pas son coach en Espoirs, Kevin Poinsot.
Un joueur en pleine progression
« C’est un garçon très intelligent, qui travaille beaucoup, qui regarde beaucoup de matches. Il a été plus que pro pour réintégrer le groupe professionnel. Il y était en début de saison, en était sorti parce qu’il y avait des manques et aujourd’hui, on a un professionnel jusqu’au bout des ongles. »
Et ça ne laisse pas Alexandre Ménard insensible. « Ce que j’apprécie, c’est qu’il a évolué entre le premier jour de la présaison et maintenant. On sent un garçon plus mature, plus conscient de ce qu’il faut mettre comme ingrédient dans son basket pour intégrer les pros. Notamment de la dureté, de la discipline et de la défense. Choses à côté desquelles il a eu tendance à passer par le passé. »
Cette rigueur va être mise à rude épreuve, puisque Lasalvary va aussi continuer avec les Espoirs. « Il faut être concentré pour faire les deux entraînements, bien récupérer, faire des bains froids, boire de l’eau, sinon tu es vite cramé », se doute le jeune homme.
Des statistiques en hausse
Le staff ne l’a pas intégré uniquement parce qu’il a pris des habitudes de professionnel. Ses performances attestent d’une réelle montée en puissance. Incontestable avec l’équipe Espoirs (9,2 points, 3,6 rebonds, 4 passes, 11,1 d’évaluation), Hugo Lasalvary a « travaillé pour combler ses déficits », poursuit Poinsot. « J’ai pris 12 kilos de muscles » par rapport à la saison passée.
Et ses fondamentaux sont solides. Poinsot : « Il a un bon QI basket, il est très talentueux. C’est un garçon qui est capable de scorer de partout, de finir près du cercle, de scorer dans le midrange et à trois points, notamment à longue distance. C’est un joueur qui a plus de 35 % derrière l’arc. Alors qu’il a beaucoup le ballon dans les mains et que ce n’est pas toujours des tirs faciles qu’il prend. Et surtout, il a une grande capacité à passer. »
Alexandre Ménard note évidemment « sa façon de défendre », sans oublier « qu’il joue très bien les pick and roll, il est capable de mettre le feu ». Aura-t-il l’occasion de le montrer ? Le jeu décidera. « Je ne sais pas si je vais avoir des occasions de rentrer sur le terrain, il faut que je sois concentré à tout moment. Ce n’est que du bonus. Je pense à toutes ces heures passées à l’entraînement, et peut-être avoir une récompense. Si je ne rentre pas, ce n’est pas la fin du monde. C’était loin d’être prévu en début de saison. » Lors du tout premier match de présaison, à Bordeaux face à Pau, Lasalvary avait déjà laissé une bonne impression. Qu’il est en train de confirmer.



