Une qualification historique dans un contexte de conflit
De la musique, des feux d'artifice et quelques rafales d'armes automatiques ont marqué les célébrations à Bagdad, mercredi, après la qualification de l'équipe nationale de football irakienne pour la Coupe du Monde. Cet événement, une première en quarante ans pour le pays, a apporté une bouffée de joie malgré la guerre qui secoue le Moyen-Orient.
Une victoire cruciale au Mexique
Les « Lions de la Mésopotamie » ont validé leur ticket pour le Mondial grâce à une victoire 2-1 contre la Bolivie en barrage à Monterrey, au Mexique, mardi soir. Ce résultat, connu à l'aube mercredi en Irak en raison du décalage horaire, intervient alors que le pays subit par ricochet la guerre lancée le 28 février par Israël et les États-Unis contre l'Iran voisin.
« Ce succès nous est incroyablement précieux, malgré la guerre », confie à l'AFP Ahmed, un supporteur de 22 ans, à l'extérieur du café Abou Haloub dans le quartier de Karrada à Bagdad. Cette qualification représente la deuxième participation de l'Irak à un Mondial de son histoire, ravivant des espoirs nationaux.
Des célébrations à travers tout le pays
Au coup de sifflet final, des milliers de supporteurs en liesse ont envahi les principales artères commerçantes du centre de Bagdad. Debout sur des voitures, brandissant des drapeaux, certains pleuraient de joie tandis que des vendeurs de rue criaient « Thé gratuit, thé gratuit ! » dans une euphorie collective.
La télévision nationale a diffusé des scènes comparables dans tout l'Irak, montrant un peuple uni dans la célébration. Le gouvernement a annoncé deux jours fériés, mercredi et jeudi, pour marquer cette qualification historique, tout en félicitant les joueurs à qui il avait promis des primes substantielles.
Un rappel de l'unité nationale
« Les Irakiens sont unis, quelle que soit leur religion », souligne Ahmed, pour qui cette victoire évoque le triomphe du pays en finale de la Coupe d'Asie en 2007. À l'époque, l'Irak était déchiré par les violences après le renversement du dictateur Saddam Hussein par une coalition américano-britannique.
Dix-neuf ans plus tard, le pays est à nouveau plongé dans un conflit, son territoire étant visé par des attaques iraniennes ou de milices affiliées à Téhéran. Malgré cela, la qualification pour le Mondial a offert un rare moment de répit et de fierté nationale, transcendant les divisions et les tensions actuelles.
Cette performance sportive, au-delà de son aspect compétitif, symbolise une résilience remarquable face aux défis géopolitiques, rappelant que le football peut parfois unir un pays même dans les périodes les plus sombres.



