Tadej Pogacar face à son défi Milan-San Remo : une préparation ciblée pour vaincre la malédiction
Pogacar prépare Milan-San Remo pour briser sa malédiction

Tadej Pogacar confronté à son cauchemar récurrent : Milan-San Remo

Habitué à dormir sur ses deux oreilles, Tadej Pogacar a connu des nuits agitées ces derniers temps. Non pas à cause de l'actualité internationale ou des élections municipales françaises, mais en raison d'un monstre à quatre têtes qui hante ses pensées au début du printemps : Milan-San Remo, la course classique qui se dispute ce samedi. Avec Paris-Roubaix, la Classicissima reste l'une des dernières épreuves à résister encore et toujours à l'envahisseur slovène.

Une malédiction à briser pour le champion slovène

En cinq éditions, Pogacar n'a jamais gravi la plus haute marche du podium de Milan-San Remo. Souvent battu dans les derniers mètres de la via Roma, après avoir tenté de semer ses adversaires dans le Poggio, ses attaques n'ont pas fait assez de victimes pour espérer s'imposer sur les bords de la Méditerranée. L'état-major d'UAE-Team Emirates, peu habitué à voir l'un de ses poussins échouer à répétition, a mobilisé toutes ses forces pour mettre fin à cette malédiction.

Maxim Frémeaux, entraîneur et responsable du pôle performance de l'équipe Van Rysel Roubaix, explique : « J'ai pu échanger avec son entraîneur. Il m'a dit que Pogacar n'a pas fait de stage en altitude ce début de saison pour préparer les classiques, ni de heat training très à la mode. Il a simplement orienté l'entraînement en mode classiques, avec des répétitions d'efforts et une attention particulière à la durée, car ces courses sont extrêmement longues. »

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Une préparation spécifique pour rivaliser avec les meilleurs

Cet entraînement ciblé vise à permettre à Pogacar de rivaliser avec les puissantes cuisses de Mathieu van der Poel ou Jasper Philipsen, habitués à des efforts courts et violents. Cependant, habitué aux longues chevauchées en solo, le Slovène peut-il reproduire un tel effort sur près de 300 kilomètres, alors que ses tentatives précédentes dans la Cipressa et le Poggio n'ont jamais été fructueuses ?

Alessandro Ballan, ancien champion du monde et ancien participant à Milan-San Remo, nuance : « Il ne peut plus attendre le Poggio, mais attaquer dès le début ne serait pas sérieux. Même son équipe, si elle doit contrôler la course, ne peut pas se mettre à fond dès le départ, c'est une course beaucoup trop longue. »

La Cipressa, clé de la victoire ?

Les experts s'accordent sur l'importance de la Cipressa, une montée cruciale à 22 kilomètres de l'arrivée. Ballan développe : « Tadej Pogacar devra passer à l'attaque, pas seulement dans le final de cette montée, mais dès le pied, avec l'aide de ses coéquipiers, pour partir en solo et affronter le Poggio et la via Roma seul. Pour moi, c'est la seule tactique qui peut le faire gagner. »

Fabio Baldato, directeur sportif de Pogacar, abonde dans ce sens, soulignant que la Cipressa, avec sa vitesse élevée et ses jambes encore fraîches, pourrait être le juge de paix. Récemment, Pogacar a battu son record d'entraînement sur cette montée, réalisant les 5,6 kilomètres en 8 minutes 51 secondes, soit une moyenne de 37,8 km/h, une performance rapidement supprimée de Strava pour ne pas révéler trop d'indications à la concurrence.

Une condition physique optimale pour les défis à venir

Maxim Frémeaux conclut : « Tadej a un moteur de base élevé et travaille sur sa capacité à produire des watts en fin de course. Le travail à la fatigue et la résistance sont essentiels pour reproduire les efforts. Quand tout le monde est fatigué, il faut pouvoir mettre les watts pour qu'il n'y ait plus personne dans les roues. » Les spécialistes des pavés sont prévenus : Pogacar n'a jamais été aussi bien préparé, laissant présager une saison de classiques intense et compétitive.

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