Milan-San Remo : Tadej Pogacar peut-il enfin conquérir la Primavera ce samedi ?
Milan-San Remo : Pogacar peut-il enfin gagner la Primavera ?

Milan-San Remo : L'obsession de Tadej Pogacar pour la Primavera

Ce samedi, le cyclisme mondial aura les yeux rivés sur la Classicissima, Milan-San Remo, avec une question brûlante : Tadej Pogacar peut-il enfin remporter le seul Monument qui lui résiste encore ? Pour sa sixième tentative, la superstar slovène affronte une épreuve au charme désuet mais au final électrique, avec départ réel à 10h10 et arrivée prévue vers 16h55.

Une quête fascinante pour dompter la course

Habitué à triompher partout ailleurs, Pogacar n'a jamais pu monter sur la plus haute marche du podium de la Primavera. Cette anomalie sportive, bien qu'explicable, motive plus que jamais le coureur d'UAE Team Emirates. Après une 5e place en 2022, une 4e en 2023, et deux troisièmes places consécutives, le Slovène semble déterminé à briser cette malédiction.

Le parcours de Milan-San Remo, longtemps réservé aux sprinteurs avant de devenir l'un des rendez-vous les plus prisés du calendrier, propose sans doute la demi-heure la plus excitante de l'année cycliste. Le peloton déboulera comme une furie dans la Cipressa et le Poggio, les deux bosses mythiques des 25 derniers kilomètres.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'équation physique du Poggio

Le problème de Pogacar tient aux caractéristiques techniques du final. La Cipressa (5,6 km à 4,1%) et le Poggio (3,6 km à 3,8%) ne sont pas suffisamment sélectifs pour lui permettre de faire la différence. Trop soumis au phénomène d'aspiration, ces ascensions permettent généralement à au moins un sprinteur de s'accrocher à sa roue pour le fusiller ensuite au sprint via Roma.

« C'est sûr que je préférerais que le Poggio fasse cinq kilomètres de long à 10%, mais c'est comme ça. Ce sont les lois de la physique qui s'appliquent, je ne peux pas faire de la magie », avait commenté Pogacar l'an dernier après avoir multiplié les attaques dans un final exceptionnel d'intensité.

Les stratégies possibles face à Van der Poel

Les avis divergent sur la meilleure approche. Eddy Merckx, qui a remporté sa septième victoire il y a cinquante ans, estime que Pogacar doit attaquer « dans le Poggio ». « Même s'il parvient à partir dans la Cipressa, les chances d'être repris ensuite sont trop grandes », juge la légende belge.

Pourtant, Mathieu van der Poel, principal rival de Pogacar, s'attend à subir ses assauts dans la Cipressa. « L'an dernier Tadej était très proche de l'emporter. Si je suis 1% moins bien dans la Cipressa, il part seul. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne gagne Milan-San Remo », assure le Néerlandais, déterminé à retarder ce moment.

Pogacar, apparu plus musclé que jamais lors de sa victoire aux Strade Bianche, ne cache pas son impatience : « Ce n'est un secret pour personne que j'ai envie de gagner cette course ».

Le contexte de la course

Après le départ de Pavia, dans la banlieue grise de Milan, la Primavera est une longue procession vers la Riviera, souvent dénuée du moindre intérêt, avant ce final électrique. Six heures de musique de salle d'attente pour une demi-heure de death metal, en quelque sorte.

Pogacar comptera sur le soutien d'Isaac del Toro, la nouvelle star mexicaine, tandis que Van der Poel devra composer sans Tim Wellens et Jhonatan Narvaez, blessés. Wout Van Aert et Filippo Ganna complètent le tableau des favoris.

La Primavera Rosa : Un plateau féminin ouvert

Chez les femmes, la Primavera Rosa s'annonce également passionnante. Lorena Wiebes et Lotte Kopecky, coéquipières chez SD Worx, visent toutes deux la victoire en insistant sur les bienfaits de leur association. L'année dernière, Wiebes avait réglé au sprint le groupe des favorites grâce à un énorme travail de Kopecky dans le final.

Elisa Longo Borghini, Elisa Balsamo et l'éternelle Marianne Vos (38 ans), deuxième en 2025, complètent le tableau des favorites. En l'absence de Pauline Ferrand-Prévot et Demi Vollering, la course féminine, qui a fait son retour l'an dernier après vingt ans d'absence, s'annonce ouverte entre puncheuses et sprinteuses.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Le départ sera donné à Gênes à 10h35 pour une arrivée prévue vers 14h30, offrant un nouveau coup d'accélérateur au développement du cyclisme féminin.