GR20 dans les deux sens à 80 ans : l'exploit de Bernard Jean dit Talon
GR20 dans les deux sens à 80 ans : l'exploit de Bernard

Bernard Jean dit Talon, 80 ans, a parcouru le GR20 dans les deux sens du 13 juillet au 9 août 2026, soit 360 kilomètres et vingt-huit jours de marche. Cet exploit sportif, réalisé pour montrer que l'âge n'est pas un frein, lui a aussi permis de transcender le vide laissé par sa fille et sa femme, décédées en 2022 et 2024.

Un défi hors norme

« Jamais personne de mon âge ne l'a fait, ce sont les guides qui me l'ont dit », confie Bernard Jean dit Talon, habitant de Bellegarde. Du 13 juillet au 9 août, il a enchaîné le trajet nord-sud puis sud-nord, traversant la Corse dans les deux sens sur l'une des randonnées les plus difficiles d'Europe. « À la fin de la descente, c'est magnifique. Tu te dis que tu as fait un truc hors norme », raconte-t-il.

Ancien coureur cycliste amateur, Bernard a délaissé le vélo à la soixantaine pour la randonnée. Adhérent à la Rando-Bellegardaise, dont il a été président pendant deux ans, il pratique toujours le VTT. Ancien salarié de l'informatique au Crédit Agricole depuis 1969, il a toujours fait une place au sport, même au travail : « J'étais président de tous les sports du Crédit Agricole et on organisait les Journées Omnisport du Crédit Agricole ».

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Une préparation rigoureuse

Pour relever ce défi, Bernard s'était préparé. Il avait déjà parcouru le GR20 une fois dans un sens, puis une autre fois dans l'autre. Cette fois-ci, il l'a réalisé du nord au sud avant de repartir directement dans l'autre sens, de Calenzana à Conca. Pour s'entraîner, il a parcouru le mont Ventoux et la randonnée des 4 000 marches au mont Aigoual. Il a même fait appel à une coach sportive pour retrouver une bonne condition physique. « J'étais au top du top. C'est pour ça que je n'ai pas souffert tout le long, j'étais préparé », assure-t-il.

Un hommage à sa femme et sa fille

Au-delà de l'exploit sportif, ce défi a revêtu une dimension presque spirituelle pour Bernard, qui a perdu successivement sa fille et sa femme. « Ma fille Valérie est décédée en 2022, d'un cancer, un sarcome mou qui était entre le foie, les intestins. Ce n'était pas opérable, et on lui avait donné entre trois et six mois maximum à vivre. Elle a vécu trois ans et des poussières. Elle a accepté de servir un peu de cobaye et a testé tout un tas de médicaments. Elle a participé à la recherche pour faire avancer la lutte contre le cancer », raconte-t-il.

Sa femme, Maria-Josépha, dite Josée, ne s'est jamais remise de la mort de leur fille et est décédée en 2024. « Ça l'a tuée à petit feu. Elle est morte d'un cancer du poumon, alors qu'elle n'a jamais fumé, jamais bu », explique Bernard, les larmes aux yeux. « Ma femme et ma fille étaient tout le temps avec moi », continue-t-il. C'est en effet Josée, passionnée de randonnée, qui lui a donné envie de commencer. « Elle faisait aussi des treks d'une semaine quand je n'en faisais pas. C'était une bonne randonneuse. C'était une chèvre, comme je l'appelais. C'est-à-dire que quand ça montait et descendait, elle n'avait pas peur », se remémore-t-il.

De nouveaux projets en tête

Bernard ne compte pas s'arrêter. D'autres projets lui trottent déjà dans la tête. « J'aimerais faire le Monte Cinto, c'est le sommet le plus haut de Corse, il culmine à 2 726 mètres », confie-t-il. Il aimerait également se lancer sur le GT20, la Grande Traversée de la Corse à vélo. Ces nombreuses aventures ont renforcé son attachement à l'île de Beauté, au point que Bernard se verrait bien vivre en Corse. « Là-bas tout le monde me demande si je suis Corse ou si je suis guide car je connais tout par cœur », conclut-il.

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