À Mont-de-Marsan, le cyclisme a forgé sa légende à travers des champions et des dirigeants d’exception. Le 28 avril 1855, on trouvait trace dans le journal « Le Républicain landais » de la création du Vélo Club Montois. Retour sur un glorieux passé, 140 ans après la création du premier club, avec l’article paru.
Un magasin devenu quartier général
C’était un magasin de vente et de réparations de vélos, situé rue des Cordeliers. C’était aussi les Trente Glorieuses du cyclisme montois, au cours desquelles Manuel Manzano dominait le Mont Faron, Luis Ocaña croquait le « cannibale » Eddy Merckx dans la fournaise d’Orcières-Merlette et Gilbert Chaumaz escortait Bernard Hinault vers les sommets alpestres. Et tout ce joli monde se filait rendez-vous dans ce quartier général improvisé. « Pierre Cescutti l’avait baptisé le ‘Cagnagué’. Un mot gascon qui voulait dire le bordel », se plaît à évoquer Jacques Sabathier, un habitué de la boutique du regretté Bernard Ocariz. « C’était le point de rencontre de tous les coureurs du club, poursuit l’emblématique dirigeant du Stade Montois cyclisme. Par exemple, les engagements pour les courses se faisaient le lundi. Ils étaient affichés dans la boutique. On y refaisait les courses du dimanche. »
Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître
Un temps que les « moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », comme dit la chanson de Charles Aznavour. Une époque heureuse, aujourd’hui révolue. Le cyclisme montois était en effet une institution au même titre que le Stade Montois rugby et son cortège de joueurs d’exception. « Au niveau de la ville, il y avait une couverture médiatique beaucoup plus large que maintenant, parce que nous avions des coureurs de très haut niveau. Notre sport était très développé. » Et le nom de la préfecture des Landes était mondialement connu grâce à Luis Ocaña, le vainqueur du Tour de France 1973. Celui que le radioreporter Jean-Paul Brouchon avait surnommé « l’Espagnol de Mont-de-Marsan ».
Les débuts du Vélo Club Montois
Le cyclisme a toujours rayonné dans la cité des Trois-Rivières. C’est en effet le 28 avril 1885 que l’on trouve trace dans le journal « Le Républicain landais » de la création du Vélo Club Montois. Avec à sa tête le célèbre avocat, maître Jardon, figure du barreau de la ville. Le siège du club fut installé au 1, de la rue Gambetta. En 1894, le premier vélodrome vit le jour dans le quartier de Burgalat, à deux pas de l’ancien stade du Loustau et de son ruban de bitume.
« Mais tout a changé avec la naissance du Stade Montois Omnisports en 1941, à l’initiative d’Henri Lacoste, rappelle Jacques Sabathier. L’omniprésence de Pierre Cescutti a été essentielle. Il faisait tout au sein du club. Il savait détecter les talents et s’occuper d’eux sans rien demander à personne. »
Les années glorieuses 1960-1970
Dans les années 1960-1970, les noms de René Abadie, Christian Leduc, Manuel Manzano, Luis Ocaña ou encore Gilbert Chaumaz sont gravés dans toutes les mémoires. « Et dans les catégories amateurs, nous obtenions aussi de très bons résultats, précise Jacques Sabathier. Nous avions la chance de bénéficier de gros effectifs en cadets et juniors, ce qui n’est plus le cas de nos jours. »
Une perte d’engouement que regrette le coprésident de la section, Jean Dauga : « Le goût de l’effort n’est peut-être plus le même que par le passé. Mais nous avons quelques jeunes qui ont des qualités et dont la motivation est un encouragement à continuer. » À l’ombre d’un passé glorieux bien lourd à porter.
Une nocturne pour les 140 ans
Ils ont fait un pari audacieux : celui de fêter les 140 ans du cyclisme montois, non pas lors de la traditionnelle nocturne dans les artères de la cité, mais sur le vélodrome Luis-Ocaña, situé quartier du Harbaux, le vendredi 11 juillet. « Ce sera une nocturne, mais sur piste. Elle se déroulera entre 19 et 21 heures, expose Jean Dauga, président du Stade Montois cyclisme. Nous croisons les doigts pour que les coureurs répondent à notre appel. » Une manifestation pour le moins originale qui débutera vers 16 heures avec l’accueil des invités et des anciens coureurs. Ceux-ci seront conviés à effectuer un tour de piste avant que ne soit donné le départ de cette nocturne d’un nouveau genre.



