Yanis Debaud vise moins de 30 heures à l'UTMB avec son orthèse
Yanis Debaud vise moins de 30 heures à l'UTMB

Yanis Debaud, 24 ans, ancien rugbyman du RC Nîmois, s'élance vendredi 28 août à 17 h 45 de Chamonix pour sa deuxième participation à l'Ultra-trail du Mont-Blanc. Après sa grave blessure sur un terrain de première division belge en 2023, il court avec une orthèse qui pallie l'absence de releveurs du pied et de plusieurs ligaments. Cette année, il ne se considère plus comme une personne handicapée en handisport mais comme un ultratraileur visant une grosse performance, avec un objectif de moins de 30 heures pour le top 200.

Une orthèse renforcée par ses soins

Yanis Debaud a perdu l'usage du nerf releveur du pied, ainsi que des ligaments latéraux interne et externe et des croisés postérieur et antérieur. L'orthèse, placée sous le mollet, lui permet de relever le pied, de se stabiliser et d'effectuer des mouvements latéraux. Il a dû faire face à un problème récurrent : l'appareillage n'est renouvelable que tous les deux ans et le montant arrière, qui supportait toute la charge, cassait. Il a donc trouvé une solution : "J'ai renforcé moi-même mon orthèse. Je l'ai entourée de sparadrap rigide, accrochant les deux montants ensemble pour répartir les contraintes. Ça ne casse plus !"

Une réassurance physique et mentale

Le jeune homme, qui vit entre Nîmes en famille et Valence pour ses études, a également travaillé sur sa stabilité : "Physiquement, j'ai renforcé, sur ma jambe abîmée, la stabilité partant du genou." Cette préparation lui a permis de renouer avec des activités qu'il pensait impossibles : "J'ai recommencé à jouer au foot avec mes potes ; je ne l'avais pas fait avant. J'arrive à jouer – bien en plus ! – en m'amusant beaucoup. Pareillement, j'arrive à me débrouiller seul pour aller à la rivière, marcher dans les cailloux…"

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Un objectif de performance affiché

L'an passé, Yanis Debaud avait bouclé les 175 kilomètres avec prudence, parti "avec la boule au ventre, ne sachant pas si j'ai la force d'aller au bout". Il avait beaucoup marché dans les premières parties plates entre Saint-Gervais et les Contamines pour garder des ressources. Cette année, il compte courir davantage : "Là, je vais courir et en lâcher plus dans les descentes où je m'étais beaucoup préservé." Son ambition : moins de 30 heures, alors que la moyenne est autour de 42 heures. Il a déjà gagné du temps en évitant de réparer son orthèse en course : "J'avais perdu plus d'une heure à rafistoler mon orthèse, à courir des descentes sans."

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