À 19 ans, Romain Allemand s'affirme comme l'étoile montante du snowboard français. Après être devenu le premier Français à remporter une manche de coupe du monde en slopestyle, le 18 janvier dernier à Laax (Suisse), le Varois de La Crau affiche des ambitions claires : le globe de cristal et des médailles aux Jeux olympiques de 2030 dans les Alpes françaises.
Un parcours précoce et une première victoire historique
Né à Marseille et licencié à La Plagne, Romain Allemand a commencé le snowboard à l'âge de 3 ans avec son père Didier, moniteur à La Plagne. « Papa enseigne aussi le ski mais c'est surtout un passionné de snowboard et j'ai effectivement commencé naturellement avec lui : je devais avoir 3 ans et ça m'a plu tout de suite », raconte-t-il. Il débute la compétition vers 8 ans, d'abord dans des épreuves régionales, « plus pour s'amuser que pour faire des résultats ».
Ses premiers résultats notables incluent une médaille d'or au Festival olympique d'hiver de la jeunesse européenne en big air à 16 ans. Avant cela, il avait déjà fait des podiums au championnat de France et commencé à se distinguer au niveau international à 14 ans, notamment avec des podiums en coupe d'Europe face aux « grands ». Il a également décroché une médaille de bronze aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2024 et une médaille d'argent aux championnats du monde juniors en 2024.
Une déception olympique et une détermination renforcée
Aux JO de Milan-Cortina, Romain Allemand a terminé cinquième en slopestyle, après avoir été troisième après les deux premières manches. « Sur le coup, j'étais déçu mais j'ai vite pris du recul et j'en ai tiré le positif : je suis jeune, il y aura d'autres JO ! », confie-t-il. Il était également en lice en big air mais ne s'est pas qualifié pour la finale, une déception qu'il juge « plus grosse » que sa cinquième place en slopestyle. « J'avais vraiment de quoi faire un podium : c'est relou... Mais, les erreurs que j'ai faites, je ne les referai plus. Là aussi, j'en sors plus fort. »
Interrogé sur sa préférence entre le slopestyle et le big air, il répond sans hésiter : « Slopestyle. Parce que c'est plus long, plus complet, il y a plus d'obstacles... et je suis plus fort ! Mais, en fait, les deux se complètent. Et faire les deux me permet d'obtenir plus de prize-money ! »
Objectifs : globe de cristal et médailles olympiques
Romain Allemand estime qu'il est possible de vivre du snowboard : « Il faut travailler et avoir de bons agents mais c'est possible. Ce n'est pas le cas pour tous mais certains en vivent très bien. Et j'espère y arriver. » Malgré des blessures (clavicule plusieurs fois, côtes, cervicale), il assure ne pas être freiné : « Après une blessure, il y a toujours une petite appréhension, c'est normal, c'est humain, mais j'ai toujours envie d'y retourner. »
Quant à l'âge, il prévoit de continuer à prendre des risques, mais avec plus de précautions : « Je ne vais pas prendre moins de risques, j'en prendrai différemment, avec plus de précautions. Car j'ai l'intention de prolonger ma carrière le plus longtemps possible, sachant que les vieux sont vite dégagés par les jeunes en snowboard : les meilleurs durent jusqu'à 30 ans ; plus, c'est rare. »
Ses prochains objectifs sont clairs : « La coupe du monde... et le globe de cristal, ce serait cool ! Refaire les Jeux et surtout faire des médailles serait pas mal non plus ! » Il ambitionne de dépasser l'héritage de Doriane Vidal, triple championne du monde de half-pipe (2001, 2003 et 2005) et seule médaillée olympique française en snowboard freestyle (argent à Salt Lake City en 2002) : « J'ai envie de faire encore mieux ! Faire plusieurs médailles, et en or ! »
Un été de préparation et un avenir ouvert
Pendant l'été, Romain Allemand s'entraîne physiquement : « Je fais beaucoup d'entraînement physique, je pousse de la fonte. Et je fais du skate ou du surf mais plus pour le plaisir. » Après le snowboard, il n'a pas de plan précis : « Je n'en ai aucune idée. Je verrai où le vent m'amènera. Je prends la vie comme elle vient. »



