Arthur Fils, numéro 1 du tennis français, s'est qualifié pour sa première finale de Masters 1000 en carrière en battant l'Italien Flavio Cobolli, 10e mondial, 6-3, 6-4 samedi à Cincinnati. Le Tricolore affrontera l'Américain Frances Tiafoe en finale. Il a bouclé sa victoire en 1h07, dans la lignée de ses deux matchs précédents, gagnés en moins d'1h30 face au finaliste de Roland-Garros.
Un parcours favorable mais à concrétiser
Le parcours de Fils dans l'Ohio n'a pas rencontré de gros morceaux : Lehecka, Tirante, Cobolli et Tiafoe. Cobolli bénéficie surtout de sa finale à Roland pour être si haut dans le classement (10e mondial). Fils, désormais 6e à la Race en 2026, a toujours été le mieux classé des deux sur la saison. En comparaison, le dernier vainqueur d'un Masters 1000 dans le clan tricolore, Tsonga en 2014, avait dû battre Djokovic, Murray, Dimitrov et Federer à la suite pour aller au bout. Fils doit profiter à fond de l'occasion : pas sûr qu'il rejoue de si tôt un tournoi sans Sinner et Alcaraz sur la ligne de départ.
L'importance d'une première victoire
Si Arthur Fils a déjà gagné deux tournois de la catégorie dite « 500 », il n'avait jamais fait mieux qu'une demie de Masters 1000 avant Cincinnati. Gilles Simon a commenté sur X : « Même si ce n'était pas le meilleur Flavio qu'on ait vu Arthur reste plus fort. Et il sera plus fort que son adversaire en finale. Il faut la gagner elle sera très importante pour la suite de sa carrière. Le circuit n'a jamais été aussi ouvert. Il faut en profiter maintenant ».
Une victoire face à Tiafoe repousserait le plafond de Fils, qui saurait ce que ça fait de soulever un trophée de cette importance, avant de s'attaquer au défi des cinq sets en Grand Chelem qui lui résiste encore. La finale de l'Open d'Australie 2008 perdue par Tsonga face à Djoko a opéré un basculement dans la carrière des deux joueurs : plusieurs pensent qu'en cas de victoire ce jour-là, Tsonga compterait peut-être 4 ou 5 Grands Chelems de plus au palmarès.
Gérer le physique et l'énergie
Après une saison pratiquement blanche en 2025, Fils n'est revenu qu'à mi-temps en 2026, avec déjà trois mois passés au garage à cause de son dos. C'était encore le cas après Madrid, alors qu'il semblait lancé vers Roland-Garros. Son jeu énergivore n'aide pas, même s'il a noté des progrès dans sa gestion des derniers tours depuis la première tournée américaine en mars.
« Oui, je suis moins fou (rire), confirme-t-il dans l'Équipe. À Miami, je m'encourageais énormément entre les points. Presque à chaque fois, en fait. Et, au final, ça pompe pas mal d'énergie. Mais à force de bien figurer dans de grands tournois, on prend de l'expérience et on n'a plus besoin de se pousser de la sorte. Je n'ai plus besoin de cette folie ».
Il pousse donc moins son corps dans ses retranchements, d'autant qu'il a expédié ses adversaires en moins de temps qu'un Paris-Lyon en TGV depuis dix jours. L'équilibre reste fragile, et il faut absolument capitaliser tant que le dos tient.
Déjà dans l'histoire du tennis français
Avec 19 victoires cette année, Fils fait déjà aussi bien que la meilleure saison d'un joueur tricolore en Masters 1000, à savoir la comète Monfils de 2016. Le tout à 22 ans, soit deux ans de plus que Richard Gasquet, finaliste français le plus jeune à Toronto en 2006. Assuré d'être 11e ou 12e mondial lundi, son meilleur classement, il peut succéder à Tsonga 12 ans après et se rapprocher d'une qualification pour le Masters de fin d'année à Turin.
« Oui, c'est une première grande finale, mais il n'y a pas d'euphorie, promet Arthur Fils. Je reste concentré car il y a encore un match à gagner. Que ce soit en 250, en 500 ou en 1000, une finale, c'est toujours particulier. Ce n'est pas toujours le meilleur tennis qui fait la différence, mais celui qui gère le mieux ses nerfs. Je vais tout faire pour être celui-là et gagner la finale ».



