Mondiaux de cyclisme : Paul Seixas, 15e, vit sa course comme « une honte »
Mondiaux : la déception de Paul Seixas, 15e

Paul Seixas, grand espoir du cyclisme français, a terminé à la 15e place des championnats du monde de cyclisme dimanche à Montréal, au Canada. La course a été remportée par l'Américain Brandon McNulty, qui a réalisé un numéro en solitaire lors des trente derniers kilomètres. Seixas, qui avait annoncé viser uniquement la victoire, a vécu une course marquée par des crampes dans le final, qu'il a qualifiées de « honte ».

Un plan français ambitieux mais contrarié

En l'absence de son coéquipier chez UAE Team Emirates, Tadej Pogacar, blessé après une chute lors de la Vuelta, Brandon McNulty a su attaquer au bon moment et faire la différence dans les bosses exigeantes du circuit montréalais. Les autres favoris, dont Paul Seixas, Isaac Del Toro et Remco Evenepoel, n'ont pas réussi à contrer cette offensive.

Le sélectionneur français Thomas Voeckler avait construit toute son équipe autour de Paul Seixas, laissant à la maison des coureurs comme Benoît Cosnefroy ou Romain Grégoire, dont les profils pouvaient convenir sur ce parcours dantesque. Le plan était clair : ne laisser personne imposer le rythme et prendre ses responsabilités. Bruno Armirail a ainsi mené un tempo soutenu pendant près de 50 kilomètres pour réduire l'avance de l'échappée, mais la course « nous a un peu échappé », a reconnu Voeckler sur France 2.

Des attaques françaises avortées et un leader isolé

Au moment de la jonction avec l'échappée, à 106 km de l'arrivée, Valentin Paret-Peintre et Jordan Jegat ont tenté leur chance, mais leurs attaques ont été neutralisées. Les mouvements ont ensuite provoqué des accélérations de Van der Poel, Van Aert et Roglic, laissant les Français, avec Sivakov et Baudin en remparts, affaiblis. Paul Seixas s'est retrouvé seul sans coéquipiers à 80 km de l'arrivée, une situation que Voeckler a commentée : « Paul a peut-être été isolé un peu tôt au niveau du collectif. »

Malgré son isolement, Seixas a tenté de suivre Isaac Del Toro, qui a souvent mené les groupes de chasse, mais sans jamais prendre la course à son compte. À une vingtaine de kilomètres de l'arrivée, alors qu'il était revenu à 25 secondes de McNulty aux côtés de Tom Pidcock, Michael Matthews, Matteo Jorgenson et Giulio Ciccone, le Français a été victime de crampes, anéantissant ses chances.

« C'est une honte ce que j'ai fait aujourd'hui »

À l'arrivée, au micro d'Eurosport, Paul Seixas n'a pas caché son immense déception : « Tout allait très bien, j'avais des jambes incroyables et honnêtement… C'est une honte ce que j'ai fait aujourd'hui, de cramper comme ça. C'est une erreur de gamin, je n'ai jamais crampé de ma vie sur le vélo. Je suis déçu pour moi mais c'est ce que je mérite. » Il a ajouté : « C'est un échec. Mes équipiers ont fait un boulot incroyable. Ils ne méritent pas un leader tel que moi. »

Thomas Voeckler a réagi avec mesure : « Il avait dit que tout autre résultat que la victoire serait un échec. Il considère que c'est un échec. Je ne saute pas au plafond, mais je ne l'accable pas, il faut recadrer les choses. » Le sélectionneur a souligné que McNulty, vainqueur, avait bénéficié d'une équipe solide, avec Quinn Simmons et Matteo Jorgenson également dans le top 10, illustrant l'importance d'un collectif fort.