Il y a 60 ans, Lucien Aimar triomphait sur le Tour de France
Il y a 60 ans, Lucien Aimar gagnait le Tour de France

Il y a 60 ans jour pour jour, Lucien Aimar inscrivait son nom au palmarès du Tour de France. Avec Bernard Thévenet et Bernard Hinault, le Hyérois fait partie des trois vainqueurs français encore en vie. À 85 ans, il plonge dans ses souvenirs.

Une victoire historique en 1966

En 1966, Lucien Aimar, alors âgé de 25 ans, s'imposait sur la Grande Boucle. Coleader chez Ford pour la dernière de Jacques Anquetil, son coup d'éclat intervenait sur la 17e étape. Au sommet du col de Coletta, en grand descendeur, il s'échappait du groupe des leaders pour ravir le maillot jaune à Turin. Il le portera six jours, jusqu'à l'arrivée au Parc des Princes à Paris, un 14 juillet.

« Gagner sur le Tour marque à vie, reconnaît-il. Même si on n'y pense pas, les gens vous le rappellent. On n'est pas seulement coureur cycliste. »

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Un destin semé d'embûches

Lucien Aimar revient sur les obstacles qui ont jalonné sa carrière. « Mes parents ne voulaient pas entendre parler de vélo. J'en faisais presque en secret », confie-t-il. Lors d'un championnat régional, il termine 4e et ne devait pas aller aux championnats de France. Mais la blessure d'un concurrent lui offre une place de troisième. Plus tard, à Hyères, une altercation avec un policier après avoir grillé un feu rouge faillit lui coûter sa place au bataillon de Joinville. L'adjoint aux sports écrit alors au général de Gaulle, président de la République, qui lève la peine.

Le poids du maillot jaune

Pour Aimar, ramener le maillot jaune à Paris est bien plus fort que remporter une étape. « Le maillot jaune, pendant une semaine, on a cette responsabilité. C'est une charge psychique et de travail énorme. C'est dur le jour et la nuit. On peut gagner une étape par impulsion, dans un bon jour. »

Interrogé sur ce qui lui a manqué pour gagner un deuxième Tour, il répond : « J'aurais pu ne pas gagner celui-là et en gagner deux autres. En 1968, alors que j'étais en échappée sous les couleurs de l'équipe de France B, l'équipe de France A se met à rouler sur moi. La même année, on est sept à moins de deux minutes au départ du contre-la-montre final. Des fois, cela tient à peu de choses. »

Le Parc des Princes contre les Champs-Élysées

Le vainqueur de 1966 a connu l'arrivée au Parc des Princes, avant que les Champs-Élysées ne deviennent le théâtre de l'arrivée finale. « Quand on est maillot jaune, on entend en permanence un brouhaha autour de soi. Au Parc des Princes, on passait du tunnel où il n'y avait aucun bruit puis, d'un coup, en arrivant sur la piste, plus de 40 000 personnes se lèvent et se mettent à crier. Sur les Champs-Élysées, c'est grandiose. Ce n'est pas la même sensation, mais c'est beau. »

Un regard critique sur le Tour moderne

Lucien Aimar regrette que le Tour privilégie l'argent avant la course. « À l'époque, on gagnait l'étape de Lille, Bordeaux, Marseille... Maintenant, on gagne aux 'Trois chênes'. On dit 'le Tour de France', mais on part d'Espagne, Belgique, Angleterre... et, comme cette année, on ne va pas en Normandie, en Bretagne, dans le Nord. Je trouve ça presque mesquin. »

Il aimerait voir une étape à Hyères, sa ville natale, mais constate que les routes ne s'y prêtent pas. Malgré tout, il salue l'engouement persistant pour l'épreuve : « La chance est que les gens se souviennent de l'héritage. Ils ont de la chance qu'il y ait cet engouement. »

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Bio express

  • 28 avril 1941 : naissance à Hyères.
  • 1964 : 2e du Tour de l'Avenir.
  • 1965 : 1re participation au Tour de France (abandon à la 9e étape).
  • 1966 : vainqueur du Tour de France.
  • 1967 : vainqueur de la 8e étape du Tour de France.
  • 1968 : champion de France sur route.
  • 1973 : dernière saison chez les professionnels.
  • 2021 : chevalier de la Légion d'honneur.