Un courrier de soutien au maire d'Alès crée la polémique au sein du club d'athlétisme
Le club d'athlétisme Alès Cévennes athlétisme Agglomération (AC2A) se trouve au cœur d'une controverse politique après l'envoi d'un courrier à ses membres les encourageant à soutenir le maire sortant, Christophe Rivenq, dans la perspective des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.
Un message qui heurte le principe de neutralité sportive
Le courrier, signé le 2 février par le président et le comité directeur du club, invite explicitement les sportifs à assister à la première réunion publique de la liste municipale sortante. "Je compte sur vous pour votre participation", peut-on lire dans le document, qui justifie cette position par le fait que "notre municipalité étant le premier financeur du club".
Cette initiative intervient dans un contexte où les instances sportives rappellent régulièrement l'importance de la neutralité du monde sportif vis-à-vis de la sphère politique, particulièrement en cette période olympique.
Des réactions indignées parmi les opposants
La publication de ce courrier a immédiatement provoqué de vives réactions. Paul Planque, candidat du Parti Communiste Français (PCF), a dénoncé avec virulence ce qu'il qualifie de "manœuvre inadmissible".
"Une pression hiérarchique et morale inadmissible", a-t-il déclaré. "Instrumentaliser ainsi une association à des fins électorales, de surcroît en usant de l'argument financier, dénote de méthodes étrangères à la démocratie."
Le candidat a annoncé avoir porté l'affaire à la connaissance de la Fédération Française d'Athlétisme, estimant qu'un tel message politique relayé par une autorité associative créait une contrainte pour les membres du club.
Des interrogations sur une stratégie coordonnée
Giovanni Di Francesco, directeur de campagne de Paul Planque, a ajouté une dimension supplémentaire à la polémique. "Ça ressemble à une certaine fébrilité de la part de l'équipe municipale sortante", a-t-il analysé.
"On nous parle de maladresse, mais dans d'autres lieux, dans d'autres milieux, avec d'autres associations, il y a eu d'autres interventions de ce type. Je m'interroge. Toutes ces 'maladresses' me paraissent bien organisées."
Cette déclaration suggère que l'incident du club d'athlétisme pourrait s'inscrire dans un schéma plus large d'utilisation des associations locales à des fins électorales.
Silence radio de la direction du club
Contacté pour répondre à ces accusations, le président de l'AC2A, Ludovic Cirilo, n'a pas répondu aux sollicitations des journalistes. Ce silence alimente les spéculations sur les motivations réelles derrière l'envoi de ce courrier controversé.
L'affaire met en lumière les tensions qui peuvent exister entre le financement public des associations sportives et le principe de neutralité politique, particulièrement en période électorale où chaque geste est scruté à la loupe.



