Boxe française : Franck Demougeot, vice-champion du monde à 40 ans
Boxe : Demougeot, vice-champion du monde à 40 ans

Franck Demougeot, 40 ans, président du Dynamik Boxing Club de Frontignan, est devenu vice-champion du monde senior de boxe française dans la catégorie des moins de 85 kg, en septembre 2026 à Boulogne-sur-Mer. Pour sa première participation, il a décroché l'argent après un parcours éprouvant, mais il vise désormais le titre mondial.

Un parcours semé d'embûches jusqu'en finale

Licencié au Dynamik Boxing Club de Frontignan, qu'il préside depuis une dizaine d'années, Franck Demougeot a dû enchaîner trois combats lors de ces championnats du monde. En quart de finale, le matin, il a battu un boxeur anglais multiple champion. En demi-finale, il a affronté un Sénégalais deux fois plus jeune que lui et extrêmement athlétique. « On a tous pensé que c'était la finale avant l'heure. Le combat a été très intense, on a boxé tout le temps. J'étais épuisé après la victoire », confie-t-il.

En finale, à 22 heures, il s'incline face à un Algérien aux multiples titres, dont la façon de boxer le déstabilise. « Je visais le titre de champion. J'ai été déçu, mais content aussi d'être allé jusqu'en finale. Pour une première participation, je n'ai pas à me plaindre », explique-t-il. Ce goût d'inachevé le motive pour les prochains championnats du monde, prévus dans deux ans, où il espère repartir sous les couleurs de l'équipe de France.

Du football à la boxe française : une reconversion réussie

Rien ne prédestinait Franck Demougeot à la boxe française. Arrivé à Frontignan avec sa famille, il s'inscrit d'abord dans un club de football, mais « cela ne l'a pas fait, car je me suis battu avec la moitié de l'équipe ». Il se tourne alors vers le handball, jusqu'à ce que son meilleur ami lui propose d'essayer la boxe française à 14 ans. « Lui est parti, moi je suis resté, et je n'ai jamais cessé. Cela fait 26 ans et j'espère continuer tant que mon corps me le permettra ».

Les quatre E de la discipline (éducative, efficace, esthétique et éthique) le séduisent d'emblée. Il débute par le combat, où l'on cherche le KO, avant de passer, à 32 ans, à l'assaut, fondé sur les touches. « C'est presque comme une danse, avec un côté plus artistique, tout en contrôlant les coups », détaille-t-il. Tout en travaillant, d'abord comme responsable d'un mas ostréicole à Bouzigues, puis comme responsable d'une boutique de cigarettes électroniques à Castelnau-le-Lez, il enchaîne entraînements et compétitions.

Le travail finit toujours par payer

Avec l'âge, Franck Demougeot a appris à prendre soin de lui, tant au niveau de l'alimentation que du sommeil et de ses entraînements quotidiens. Plusieurs fois vainqueur de la Coupe Occitanie, mais souvent stoppé en demi-finale des championnats de France, il a fini par décrocher le titre en mars 2026, ce qui lui a ouvert les portes de l'équipe de France et du Mondial. « Le travail finit toujours par payer. J'ai peut-être atteint un âge où je réfléchis mieux, je suis moins stressé, et je suis mieux entouré ».

Pour atteindre ce niveau, il a dû consentir à des sacrifices : plus de pizzas, de burgers, de sodas, d'alcool ni de cigarettes, plus de veillées tardives, et très peu de sucreries. « Les frites avec la mayonnaise me manquent, ainsi que la tartiflette, les bonbons, le chocolat et les gâteaux. Je craque de temps en temps, mais je tiens bon ». L'autre sacrifice, plus lourd, ce sont ses absences auprès des siens, entre entraînements, stages et compétitions. Il répond pourtant toujours présent quand sa famille a besoin de lui, et au club, il remplace l'entraîneur quand il est absent et encadre deux séances par semaine à la succursale de Montagnac.

Attaché à sa famille et à la boxe française, Franck Demougeot a ses deux passions gravées sur sa peau sous forme de tatouages, avec les noms des êtres chers et un proverbe japonais : « Tomber sept fois, se relever huit ». Mais pour le faire tomber, il faudra plus que huit coups, car la gagne, c'est son truc, un état d'esprit qu'il a transmis à sa fille et son fils, ainsi que le virus de la boxe française. Il vise désormais le titre mondial dans deux ans.