Dès le mois de septembre, les adolescents de moins de 15 ans ne pourront plus s'inscrire sur les réseaux sociaux sans l'accord de leurs parents. Cette mesure, issue de la loi visant à sécuriser l'espace numérique, suscite déjà des réactions : un marché parallèle se prépare pour la contourner. Des offres de VPN, de ventes de comptes vérifiés et même de création d'avatars 3D fleurissent sur des plateformes comme Discord ou Telegram, selon les informations de Libération.
Un marché informel en pleine expansion
Sur ces messageries, des annonces proposent aux mineurs des solutions pour passer outre la vérification d'âge. Certaines promettent des comptes déjà certifiés, d'autres fournissent des tutoriels pour utiliser un VPN et masquer sa localisation. Un vendeur interrogé par Libération affirme avoir déjà écoulé plusieurs dizaines de comptes en quelques jours, à des prix variant entre 5 et 15 euros. Selon lui, la demande est forte : « Les jeunes ne veulent pas attendre 15 ans pour avoir le droit de poster des photos. »
Des avatars 3D pour tromper la reconnaissance faciale
L'une des méthodes les plus sophistiquées consiste à utiliser un avatar 3D pour contourner les systèmes de reconnaissance faciale lors de la vérification d'âge. Des services spécialisés proposent de créer un avatar réaliste à partir d'une photo, puis de l'animer en temps réel pour valider les contrôles. Un développeur interrogé explique : « On peut faire croire au système qu'une personne majeure est en train de se filmer, alors qu'il s'agit d'un avatar généré par ordinateur. » Ces services sont vendus entre 30 et 100 euros, selon la complexité.
La loi française face aux défis techniques
La loi, adoptée l'an dernier, impose aux plateformes de vérifier l'âge de leurs utilisateurs. Les réseaux sociaux doivent refuser l'inscription des moins de 15 ans sans consentement parental. Mais les techniques de contournement se multiplient, et les autorités reconnaissent la difficulté de faire respecter la règle. Un porte-parole de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) souligne : « La vérification d'âge est un défi technique : il faut trouver un équilibre entre protection des mineurs et respect de la vie privée. »
Des sanctions prévues, mais une application complexe
Les plateformes qui ne se conforment pas à la loi s'exposent à des amendes pouvant atteindre 1 % de leur chiffre d'affaires mondial. Cependant, les contournements sont difficiles à détecter, surtout lorsqu'ils impliquent des VPN et des avatars. Un expert en cybersécurité, contacté par Libération, estime que « les plateformes devront investir dans des technologies plus robustes, mais cela prendra du temps ». En attendant, le marché parallèle prospère, et les adolescents semblent déterminés à ne pas se laisser priver de leurs réseaux sociaux.



