Un réseau de trafic de stupéfiants particulièrement organisé a été démantelé par les gendarmes de la Section de recherche de Marseille, avec l'appui du GIGN et des experts de l'IRCGN. Sept suspects ont été interpellés le 4 mai, dans le cadre d'une enquête sur une boutique en ligne baptisée "Doraemon", du nom du célèbre personnage de mangas.
Une organisation structurée
Les suspects occupaient des rôles bien définis au sein de cette "PME" du trafic de drogue : dirigeant à l'étranger, coordinateur en région dijonnaise, responsable de production, préparateur de commandes, assistant de production et de vente en direct, ainsi qu'un responsable logistique et financière chargé d'importer la drogue. Leur activité consistait à expédier des stupéfiants partout en France et à l'étranger, notamment à Dubaï et en Australie.
Une offre variée et un marketing sophistiqué
Plus d'une dizaine de produits étaient proposés à la vente sur la plateforme : cocaïne, LSD, kétamine, 3MMC, 4MMC, MDMA, sirop de THC, etc. Les paiements s'effectuaient en cryptomonnaies via le darknet et des messageries cryptées. Les trafiquants publiaient régulièrement des "analyses qualité" des substances produites dans leur laboratoire, situé dans la banlieue de Dijon. Ce laboratoire était équipé de matériel industriel, dont une machine de compactage capable de produire 13 000 comprimés d'ecstasy par heure.
Un chiffre d'affaires de 1,5 million d'euros
Selon les enquêteurs, au moins 2 000 commandes ont été honorées en sept mois, générant un chiffre d'affaires estimé à au moins 1,5 million d'euros. Les drogues étaient expédiées par fret postal vers des consignes automatiques de type "lockers". Le lieutenant-colonel Erwan Coiffard, porte-parole de la gendarmerie nationale, explique : "Avant, les dealers vendaient sur le point de deal. On est ensuite passés aux livraisons et maintenant, ils ont supprimé cette étape en l'externalisant, ce qui réduit les coûts et les risques d'interception."
Détection et saisies
Les suspects ont été détectés grâce à un cyber-enquêteur qui patrouillait sur le darknet. Une partie des substances était importée d'Espagne. Lors des interpellations, les gendarmes ont saisi 78 000 euros en espèces, 20 000 euros en cryptomonnaies, une arme de poing, des objets de luxe et plus de 200 kg de stupéfiants, d'une valeur marchande de près de 2,2 millions d'euros.
Des profils atypiques
Présentés à un magistrat, les suspects ont été mis en examen. Cinq d'entre eux ont été placés en détention provisoire et deux sous contrôle judiciaire. Le lieutenant-colonel Coiffard souligne : "Ce sont des hommes et femmes primo-délinquants, jusque-là inconnus de la justice. Nous avons affaire à des profils atypiques, insérés, qui avaient un travail à côté. C'est ce qui fait la particularité de cette affaire." Les investigations se poursuivent, notamment sur le volet international.



