Quelques jours après le décès tragique d’un lycéen de 15 ans, écrasé par un chariot élévateur lors de son stage d’observation dans une entreprise de BTP, le gouvernement a annoncé ce jeudi 23 avril des évolutions pour renforcer la sécurité des stages en entreprise destinés aux élèves de troisième et de seconde. Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, s’est exprimé au micro d’Ici-Gironde pour évoquer ces changements, tout en insistant sur la nécessité de « protéger » les élèves sans les « priver de cette opportunité ».
Une mission flash pour évaluer les risques
Le gouvernement a également lancé une mission flash, menée conjointement par les Inspections générales des Affaires sociales et de l’Éducation, dans le but de « renforcer les conditions de sécurité » de ces stages. Cette initiative fait suite à un appel d’une cinquantaine de parlementaires de gauche qui, dans une tribune publiée par « l’Humanité », demandaient la suspension des stages d’observation pour les mineurs « le temps de définir un cadre strict garantissant pleinement leur sécurité ».
Un dispositif obligatoire mais contesté
Depuis 2005, les collégiens de troisième doivent effectuer cinq jours de stage en entreprise. Depuis 2024, cette obligation s’étend aux lycéens de seconde, qui doivent réaliser un stage de deux semaines. Cependant, les failles de sécurité et le faible accompagnement des élèves interrogent sur le réel intérêt pédagogique de ces périodes en entreprise.
Pour Erwan Lehoux, doctorant en sciences de l’éducation, la question est centrale : « Il n’y a pas d’intérêt pédagogique dans l’état actuel », affirme-t-il. Selon lui, les stages sont souvent mal encadrés et ne permettent pas aux élèves de tirer un véritable bénéfice éducatif. Il souligne que l’objectif initial de ces stages – permettre une découverte du monde professionnel – est souvent détourné par des tâches sans lien avec le parcours scolaire.
Des mesures insuffisantes ?
Les annonces du gouvernement visent à mieux encadrer les stages, notamment en renforçant les obligations de sécurité pour les entreprises d’accueil et en améliorant la formation des tuteurs. Cependant, pour Erwan Lehoux, ces mesures ne résolvent pas le problème de fond : « On ajoute des couches de sécurité sans réfléchir à la finalité pédagogique. Les stages devraient être repensés en profondeur, avec un véritable suivi et des objectifs clairs. »
Le débat est relancé alors que le rapport de la mission flash est attendu dans les prochaines semaines. En attendant, les établissements scolaires sont invités à redoubler de vigilance dans l’organisation de ces stages obligatoires.



