La frustration des habitants de Saint-Aygulf ne retombe pas. Quelques semaines après la réunion publique consacrée à l'enquête environnementale du futur pont de la Galiote, le Comité d'écoute, d'étude et de rénovation de Fréjus (Ceerf) réclame désormais une réunion spécifique sur les conséquences routières du chantier. La structure, indissociable du quartier, veut obtenir des réponses précises sur les aménagements nécessaires pour absorber la fermeture de la RD559, qui devrait durer neuf à dix mois lors de la démolition puis de la reconstruction de l'ouvrage.
Une réunion publique jugée insuffisante
Cette requête fait suite aux craintes exprimées par les habitants lors de la réunion du 15 juin face aux perturbations qu'engendrera ce chantier majeur. Si la nécessité de remplacer un pont dont l'état est jugé très préoccupant ne fait guère débat, c'est l'absence de visibilité sur les itinéraires de substitution qui nourrit aujourd'hui les inquiétudes. Dans un courrier adressé à Claude Pianetti, président de la commission Infrastructures et circulation routière du Conseil départemental du Var, la présidente du Ceerf, Yvette Cauchy, demande ainsi que la réunion publique de clôture de l'enquête environnementale, prévue le 8 septembre, soit consacrée à ces problématiques de circulation.
« Nous avons été étonnés du silence des élus lors de cette réunion. Que les fonctionnaires ne souhaitent pas trop s'avancer, je peux le comprendre. Mais il était de la responsabilité des élus de nous donner des garanties », regrette Yvette Cauchy. Le Ceerf pointe notamment plusieurs opérations qui figureraient déjà dans les réflexions du Département. Ce dernier détiendrait « des informations détaillées sur des solutions déjà bien avancées qui n'ont pas été dévoilées au public. Notamment des plans concernant la création d'une bifurcation au niveau du rond-point des Harkis ainsi qu'un doublement du pont du bras de l'étang de Villepey », affirme-t-elle. « Pourquoi ne pas les montrer au public ? Les habitants de Saint-Aygulf sont frustrés. »
Des inquiétudes sur les itinéraires de substitution
Dans son courrier, l'association s'interroge également sur le retard pris par les travaux préparatoires sur la RD8, appelée à devenir le principal itinéraire de délestage de la RD559. Elle demande qu'un calendrier précis soit communiqué, alors que ces aménagements entraîneront eux-mêmes des contraintes de circulation. De même, si les études envisagent un trafic pouvant atteindre près de 28 000 véhicules par jour sur la RD8 après report, contre environ 10 000 aujourd'hui, le Ceerf regrette qu'aucune modélisation n'ait été présentée concernant les conséquences sur la RD7, entre le centre de Saint-Aygulf et le carrefour RD7/RD8. Un itinéraire estimé comme « stratégique » pour rejoindre Roquebrune-sur-Argens, selon l'association.
« On se demande si le pont de la Galiote va tenir jusqu'aux travaux », s'inquiète Yvette Cauchy. Ces demandes interviennent alors que les restrictions de circulation se multiplient sur l'actuel pont de la Galiote. Ces derniers jours, une nouvelle signalisation a notamment été mise en place afin de préserver l'ouvrage. « Une restriction plus sévère sur le poids des véhicules a été mise en place, de même qu'un espacement entre les voitures. Les autorités ont appuyé sur le fait que le pont de la Galiote va très mal. On se demande s'il va tenir jusqu'aux travaux. Et pendant ce temps-là, on ne voit pas les travaux d'élargissement de l'itinéraire de rechange se profiler. Tout cela inquiète », poursuit-elle.
L'accès des secours en question
L'association évoque également les interrogations persistantes concernant l'accès des secours : « On nous a indiqué que le chemin des Étangs serait utilisé. Mais cela ne règle pas tout puisqu'il débouche en amont de ce gros point noir qu'est le pont du bras de l'étang de Villepey. » En définitive, le Ceerf invite Claude Pianetti ainsi que des élus de Fréjus à participer à la réunion publique de clôture de la consultation du public et souhaite que soient présentés les projets d'aménagement de la déviation, les échéances de ces travaux, les solutions retenues pour les secours ainsi que les engagements du Département pour accélérer la mise en œuvre de ceux-ci.
Elle demande enfin que des réunions publiques soient organisées régulièrement jusqu'à la mise en service du nouveau pont, prévue à l'horizon 2030, afin de restaurer la confiance entre les collectivités et une population qui redoute déjà les conséquences d'un chantier appelé à bouleverser les habitudes de circulation sur le littoral est-varois.



