Réseaux sociaux : la liberté de scroller pour les moins de 15 ans
Réseaux sociaux : liberté de scroller pour les moins de 15 ans

Dans une tribune publiée par Libération, l'écrivain Abel Quentin propose d'ériger la liberté de scroller en principe constitutionnel pour les moins de 15 ans, s'opposant ainsi aux projets d'interdiction des réseaux sociaux pour cette tranche d'âge. Il argue que cette liberté est essentielle à l'émancipation des jeunes et à leur intégration dans la société numérique.

Une proposition provocante face aux interdictions

Abel Quentin réagit aux débats récurrents sur l'encadrement des réseaux sociaux pour les mineurs. Alors que certains préconisent une interdiction pure et simple, il défend une approche inverse : reconnaître un droit fondamental à l'accès aux plateformes numériques dès le plus jeune âge. Selon lui, cette liberté permettrait aux adolescents de développer leur esprit critique et de s'approprier les outils de communication contemporains.

L'auteur, connu pour ses essais sur la jeunesse et la technologie, estime que la scolarisation numérique est aussi importante que l'apprentissage de la lecture ou de l'écriture. Il souligne que les réseaux sociaux sont devenus des espaces de socialisation majeurs, où les jeunes partagent, créent et débattent. Les priver de cet accès reviendrait à les exclure d'une partie essentielle de la vie moderne.

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Un plaidoyer pour l'éducation plutôt que l'interdiction

Abel Quentin appelle à une éducation aux médias et à l'information plutôt qu'à des mesures coercitives. Il propose de former les jeunes à une utilisation responsable et éclairée des plateformes, en leur apprenant à décrypter les informations, à protéger leur vie privée et à lutter contre la désinformation. Cette approche éducative serait, selon lui, plus efficace que des interdictions qui ne feraient que déplacer le problème.

Il cite l'exemple de pays où l'éducation numérique est intégrée dès le plus jeune âge, comme la Finlande ou l'Estonie, où les élèves apprennent à coder et à analyser les médias. Ces pays montrent que l'appropriation critique des outils numériques est possible sans pour autant tomber dans les excès. Pour Abel Quentin, la France devrait s'inspirer de ces modèles pour construire une véritable citoyenneté numérique.

Un débat de société essentiel

La tribune d'Abel Quentin relance le débat sur la place des réseaux sociaux dans la vie des mineurs. Alors que des études montrent que 80 % des adolescents français utilisent au moins un réseau social, la question de leur encadrement est plus que jamais d'actualité. L'auteur espère que sa proposition de principe constitutionnel ouvrira la voie à une réflexion plus large sur les droits numériques des jeunes.

Il conclut en appelant les législateurs à ne pas céder à la facilité de l'interdiction, mais à construire un cadre qui permette aux jeunes de s'épanouir dans le monde numérique tout en les protégeant des risques. Selon lui, la liberté de scroller, si elle est bien encadrée, peut être un vecteur d'émancipation et de progrès social.

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