Rose, 27 ans : « Mes doudous m'ont aidé à traverser mon deuil »
Originaire de Strasbourg, Rose est lycéenne lorsque son petit ami de l'époque met fin à ses jours. Elle trouvera notamment du réconfort auprès de ses peluches, qui marqueront chacune une étape de son deuil. Propos recueillis par Noé Megel.
Chaque peluche de Rose correspond à une étape de sa vie, et elle n'imagine pas s'en séparer.
« Tout au long de ma vie, j'ai été accompagnée par des doudous. Ce qui peut paraître étonnant, c'est qu'ils ont changé au cours des années. Le tout premier d'entre eux est un petit lapin rose, que j'avais logiquement nommé "Lapinou". Je l'ai eu pendant très longtemps, jusqu'au lycée. C'est à cet âge-là que j'ai rencontré un garçon en vacances qui avait exactement le même doudou que moi. On s'est alors mis à sortir ensemble, pendant quasiment un an. C'était une relation amoureuse assez compliquée : il était très toxique et menaçant. Quelques heures après notre séparation, il a mis fin à ses jours. »
Cette tragédie a profondément marqué Rose. Elle explique : « Ça a complètement coupé mon envie d'être avec mon doudou. Je pense que j'associais Lapinou à lui, à cette histoire. J'ai donc eu besoin de m'en détacher. Aujourd'hui, Lapinou est conservé précieusement chez mes parents dans une petite boîte avec toutes les affaires de cet ex-copain que j'ai conservé. »
Après ce drame, Rose a progressivement remplacé Lapinou par d'autres peluches, chacune symbolisant une phase de son deuil. « J'ai eu un ours blanc offert par une amie, puis un chaton que j'ai acheté moi-même lors d'un voyage. Chaque doudou m'a aidée à avancer, à me reconstruire. »
Pour elle, ces objets ne sont pas de simples jouets : ils incarnent des souvenirs, des émotions et un soutien psychologique. « Les doudous sont des témoins silencieux de nos vies. Ils nous aident à traverser les moments difficiles sans jugement. »
Aujourd'hui, Rose assume pleinement son attachement à ses peluves, même au travail. « Il m'arrive de sortir un petit doudou de mon sac quand je me sens stressée. Mes collègues le savent et le respectent. »
Ce témoignage illustre comment un objet d'enfance peut devenir un outil de résilience face à la perte et au chagrin.



