Rentrée : comment aider son chien à supporter la solitude
Rentrée : aider son chien à supporter la solitude

La rentrée de septembre marque souvent un retour brutal à la solitude pour les chiens qui ont passé l'été en compagnie quasi permanente de leur famille. Une étude britannique menée auprès de 1 807 propriétaires de chiens montre que 9,9 % des animaux ont commencé à manifester des comportements liés à l'absence de leur maître entre le premier confinement de 2020 et la fin de l'année. Ce phénomène touche davantage les chiens qui avaient connu la plus forte réduction de leur temps passé seuls pendant cette période.

Un changement de routine qui perturbe certains chiens

Pendant les vacances, un chien peut passer plusieurs semaines presque constamment avec sa famille. En septembre, la présence humaine chute parfois d'un coup. Certains animaux supportent toutefois mal ce changement. Le confinement a fourni une occasion particulière d'étudier les effets d'un changement de routine.

Au Royaume-Uni, les propriétaires de 1 807 chiens ont répondu à un premier questionnaire entre mai et juillet 2020, puis à un second entre octobre et décembre. Ils indiquaient notamment combien de temps leur chien restait seul et s'il manifestait, en leur absence, des comportements comme des aboiements ou des gémissements, des destructions, des tentatives de fuite ou des signes d'agitation. Entre les deux enquêtes, 9,9 % des chiens ont commencé à présenter au moins un de ces comportements.

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Cette apparition était plus fréquente chez ceux qui, pendant le premier confinement, avaient connu la plus forte diminution de leur temps passé seuls. Autrement dit, plusieurs mois de présence humaine accrue pourraient avoir rendu le retour aux absences plus difficile pour certains chiens.

Réapprendre la solitude avant le jour J

Chez le chien, mieux vaut réintroduire les absences avant la reprise : sortir quelques instants, revenir alors qu'il est encore calme, puis augmenter progressivement la durée. L'objectif n'est pas de le laisser « s'habituer » en détresse, mais de rester sous son seuil de réaction.

Une expérience menée sur 30 chiens souffrant de troubles liés à la séparation montre l'intérêt d'un apprentissage très progressif. Pendant douze semaines, les propriétaires de 15 d'entre eux ont suivi un programme précis : ils simulaient d'abord les gestes annonçant habituellement leur départ, comme prendre leurs clés ou mettre leur manteau, sans quitter le domicile. Puis ils effectuaient de très courtes absences, suffisamment brèves pour que le chien ne manifeste pas de détresse, avant d'en augmenter progressivement la durée. Les 15 autres chiens servaient de groupe de comparaison et ne suivaient pas ce programme.

Au terme des douze semaines, 56 % des chiens ayant bénéficié de cet apprentissage s'étaient nettement améliorés, contre aucun dans l'autre groupe. On appelle ce principe la « désensibilisation progressive » : habituer peu à peu le chien à rester seul, sans le placer d'emblée dans une situation qu'il ne parvient pas à gérer.

Punir ne sert à rien, observer est essentiel

Punir le chien au retour parce qu'il a détruit un objet ou uriné pendant l'absence est inutile : il ne peut pas associer une réprimande tardive à un comportement produit parfois plusieurs heures auparavant. Mieux vaut rester neutre, nettoyer ou ranger sans le gronder, puis chercher la cause du problème.

Une caméra peut aider à voir ce qui se passe réellement après le départ : le chien gémit-il, halète-t-il, fait-il les cent pas, tente-t-il de rejoindre son propriétaire ? Si ces signes apparaissent, il faut reprendre l'apprentissage de la solitude avec des absences suffisamment courtes pour ne pas déclencher de détresse, puis en augmenter très progressivement la durée. Si le problème persiste ou si le chien panique dès les premières minutes, un vétérinaire ou un comportementaliste pourra rechercher une cause médicale et mettre en place une prise en charge adaptée.

Savoir reconnaître une vraie détresse

Chez le chien, des aboiements ou gémissements persistants, un halètement important, des allers-retours, des destructions près des portes ou des fenêtres, des urines ou des selles dans le logement, voire des tentatives de fuite, peuvent signaler une détresse liée à la séparation et doivent alerter.

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Le chat peut lui aussi présenter des comportements associés à l'absence de son propriétaire, même si le phénomène est beaucoup moins étudié que chez le chien. En 2020, des chercheurs ont interrogé les propriétaires de 223 chats. Trente d'entre eux, soit 13,5 %, présentaient au moins un des signes retenus par l'étude pour repérer un possible problème lié à la séparation. Parmi ces 30 chats, 20 avaient des comportements destructeurs, 19 vocalisaient de manière excessive et 18 urinaient hors de leur litière ; certains se montraient également apathiques ou agités en l'absence de leur propriétaire.

Ces résultats ne signifient toutefois pas que 13,5 % des chats souffrent d'« anxiété de séparation » : l'étude reposait sur les observations rapportées par les propriétaires et ne permettait pas d'établir un diagnostic vétérinaire. Elle montre surtout que l'absence de l'humain peut être associée à des changements de comportement chez certains chats et mérite donc d'être prise en compte.

La rentrée se prépare donc aussi pour eux. Après plusieurs semaines de présence accrue, mieux vaut éviter de passer brutalement d'un quotidien partagé à huit heures de solitude. Reprendre progressivement les absences, conserver des horaires aussi réguliers que possible et observer les réactions de son animal permet de lui laisser le temps de retrouver son rythme. Et si les signes de détresse sont importants ou persistent, il ne faut pas simplement attendre qu'il « s'habitue » : un vétérinaire pourra écarter une cause médicale et, si nécessaire, proposer une prise en charge adaptée. Car apprendre à rester seul ne signifie pas apprendre à supporter la peur.