Les trains de nuit français sont confrontés à une prolifération de punaises de lit, selon un rapport interne de la SNCF révélé par Le Monde. Des passagers rapportent ces insectes chez eux, entraînant une hausse des signalements et des plaintes. « Il y a plus de punaises de lit que de passagers », a déclaré un contrôleur, illustrant l'ampleur du phénomène dans certaines rames.
Une infestation généralisée dans les rames
Le rapport, daté d'août 2026, fait état de la présence de punaises de lit dans plusieurs lignes de trains de nuit, notamment sur les axes Paris-Briançon, Paris-Cerbère et Paris-Toulouse. Les contrôles effectués entre janvier et juillet 2026 ont révélé que 15 % des rames inspectées étaient infestées, un chiffre en hausse de 8 points par rapport à l'année précédente. Les zones les plus touchées sont les matelas et les coussins des places couchées, où les insectes se nichent facilement.
Selon le document, la fréquence des traitements insecticides a été réduite en raison de contraintes budgétaires, ce qui a favorisé la propagation. Les équipes de nettoyage ne disposent pas toujours des équipements adaptés pour détecter les punaises, et les passagers ne signalent pas systématiquement leur présence, par crainte de complications ou par ignorance.
Des voyageurs qui ramènent les insectes chez eux
Les conséquences dépassent le cadre du train. De nombreux passagers ont rapporté des punaises de lit dans leurs bagages et leurs vêtements, provoquant des infestations dans des logements privés. Les centres antipoison et les sociétés de désinsectisation ont enregistré une augmentation de 20 % des interventions liées aux punaises de lit entre juin et août 2026, selon une enquête menée auprès de 50 entreprises spécialisées. « Nous voyons des familles entières qui doivent traiter leur domicile après un simple voyage en train de nuit », a témoigné une technicienne de désinsectisation à Lyon.
La SNCF indique avoir mis en place un protocole de traitement renforcé, incluant des passages à la vapeur à haute température et l'utilisation de produits acaricides. Cependant, ces mesures ne suffisent pas à éradiquer le problème, car les punaises développent des résistances. L'entreprise recommande aux voyageurs de vérifier leurs bagages à l'arrivée et de laver leurs vêtements à plus de 60 degrés.
Un phénomène qui inquiète les autorités sanitaires
Les autorités sanitaires, comme l'Agence régionale de santé (ARS), s'inquiètent de l'impact sur la santé publique. Les piqûres de punaises peuvent provoquer des démangeaisons, des réactions allergiques et, dans certains cas, des infections secondaires. L'ARS a demandé à la SNCF de renforcer ses contrôles et de publier un rapport mensuel sur l'état des rames. En attendant, les voyageurs sont invités à signaler toute présence suspecte au personnel de bord.
Selon le rapport, la situation est particulièrement critique sur les trains circulant en période estivale, où le taux d'occupation dépasse 90 %. La SNCF prévoit d'investir 2 millions d'euros en 2027 pour moderniser les équipements de nettoyage et former le personnel. Toutefois, les associations de consommateurs réclament des mesures plus radicales, comme le retrait temporaire de certaines rames du service. Le sujet est également remonté au niveau ministériel, avec une demande de rapport au gouvernement sur la gestion des infestations dans les transports publics.



