Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a accordé, ce lundi 24 août, un entretien à plusieurs titres de la presse régionale, dont Midi Libre. Il a annoncé que l'interdiction des téléphones portables dans les lycées sera bien effective dès la rentrée, avec confiscations en cas de transgression. Il a également fait le point sur les recrutements, la démographie scolaire, la sécurité et la rémunération des enseignants.
Interdiction des portables au lycée : des confiscations en cas de transgression
Le ministre a confirmé que la loi sur l'interdiction des téléphones portables aux lycées sera promulguée ce mardi, après la décision du Président Emmanuel Macron. Comme c'était déjà le cas à l'école et au collège, l'usage du téléphone portable sera interdit dans les lycées. Les élèves pourront l'avoir sur eux, mais les appareils devront être éteints et rangés dans les sacs. « Si la règle est transgressée, il y aura des confiscations », a prévenu Edouard Geffray.
Cette mesure intervient malgré la censure par le Conseil constitutionnel de certains articles de la loi sur l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Le ministre a précisé que l'expérimentation de l'uniforme ne sera pas reconduite à cette rentrée. Selon lui, ce n'est « ni un échec ni un gâchis », mais l'expérience montre que l'effet aura été « globalement assez faible ». Sur les résultats scolaires, aucun changement particulièrement net n'a été perçu, et sur le climat scolaire, les effets ont été « assez inégaux ». Il a ajouté : « Si ça ne marche pas, on ne va pas s'entêter. Nous n'avons pas besoin que tous les enfants de France aient le même t-shirt. »
Recrutement des enseignants : une hausse à 96,15 % des postes pourvus
Interrogé sur les postes d'enseignants non pourvus, Edouard Geffray a indiqué qu'en 2025, dans le second degré, on était à 90 % de postes pourvus. « Cette année, on est à 96,15 % », a-t-il déclaré, attribuant cette amélioration au recrutement à bac +3. Il a également noté que les moyennes obtenues au concours ont « très sensiblement augmenté », ce qui signifie que l'on avait « de meilleurs candidats ».
Concernant la rémunération, le ministre a rappelé que le salaire net des enseignants est passé de 2 649 € en moyenne en 2021 à 3 090 € en moyenne en 2024. Selon la Depp, ce salaire net a augmenté de 4,3 % entre 2023 et 2024. Il a reconnu qu'il faut « continuer à améliorer leur rémunération de manière générale », mais a précisé que c'est « un chantier de nouveau quinquennat ».
Démographie scolaire : 161 000 élèves de moins à la rentrée
Edouard Geffray a souligné l'importance de la démographie : « Pour cette rentrée, on avait tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c'est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Donc on est à peine à 11,6 millions d'élèves. On était à 12,3 millions en 2017. » Il a annoncé la création, d'ici le 1er novembre, d'une « direction de la politique territoriale de l'École », chargée de piloter et d'animer la politique d'aménagement du territoire.
Le ministre a également évoqué les 18 départements pilotes pour cette politique. Il a expliqué vouloir « agir au lieu de subir » face à la baisse démographique, en choisissant délibérément d'implanter ou de laisser ouvertes des classes dans des logiques d'aménagement du territoire.
Sécurité dans les établissements : 27 500 contrôles et 1 000 armes récupérées
Sur la sécurité, Edouard Geffray a rappelé que plus de 27 500 contrôles ont été réalisés aux abords des établissements depuis mars 2025, permettant de récupérer un peu moins de 1 000 armes blanches. Il a affirmé que cette politique de contrôles massifs et aléatoires est poursuivie.
Concernant le décret permettant de transférer un élève si un membre de sa famille fait peser un risque, le ministre a reconnu des inquiétudes de la part de syndicats et d'associations de parents d'élèves. Il a indiqué avoir modifié le texte à la suite de la concertation, mais assume complètement cette mesure. Il a souligné que 30 % des incidents graves dans le premier degré sont le fait de parents, une « infime minorité » qui fracture la communauté éducative.
Sur les violences sexistes et sexuelles, le ministre a annoncé qu'en novembre, le questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire inclura des questions sur ces violences. De la grande section à la terminale, 10 millions d'élèves seront interrogés sur ce qu'ils ont éventuellement subi. Il a déclaré : « Un enfant sur 10 est victime de violences sexuelles en France. Nous avons un problème collectif sociétal. »
Interrogé sur les critiques de Raphaël Glucksmann concernant le niveau de l'école, Edouard Geffray a défendu le bilan du quinquennat, citant le dédoublement des classes, la rémunération des enseignants et la réforme du lycée. Il a conclu : « Nous ne sommes pas à la fin du quinquennat. Tous ces gens font le bilan au mois de septembre, très bien, moi je le ferai en mai. »



