À Narbonne, un vent de solidarité souffle sur les réseaux sociaux. Alors que la Neknomination, ce jeu qui consiste à se filmer en train de boire de l'alcool et à défier ses amis d'en faire autant, fait des ravages, deux Narbonnais ont choisi d'en détourner l'esprit pour un geste de réconfort envers un sans-abri.
Un jeu dangereux devenu viral
La Neknomination, phénomène viral sur Facebook, invite les participants à se filmer en consommant de l'alcool puis à nommer d'autres personnes pour poursuivre la chaîne. L'initiative, souvent stupide et risquée, a déjà causé des drames, notamment en Irlande où les autorités ont tenté d'enrayer cette pratique prisée des adolescents et des adultes immatures.
Deux Narbonnais changent la donne
Jonathan Cros, 29 ans, employé dans une grande surface de bricolage, et David Gonzalez, 38 ans, prothésiste dentaire, ont été nominés à leur tour. Mais plutôt que de suivre la règle, ils ont décidé de donner une autre dimension à leur participation. « Nous avons voulu passer un message, puisque c'est devenu une véritable chaîne », explique Jonathan Cros.
Au lieu de boire un verre d'alcool, ils ont utilisé l'argent pour acheter de la nourriture et l'offrir à une personne dans le besoin. « Avec le prix d'un verre d'alcool, nous avons préféré aller acheter de la nourriture et la remettre à une personne en difficulté », racontent-ils.
Martial et Zorro, bénéficiaires surprises
Leur geste a profité à Martial, un sans-domicile fixe qui vit avec son chien Zorro sur le trottoir du boulevard Gambetta. Les deux hommes lui ont apporté de l'eau, des fruits, des chocolats, ainsi que des croquettes pour son compagnon à quatre pattes. « Nous avons apporté de l'eau, des fruits et des chocolats pour lui et des croquettes pour son chien », précise Jonathan Cros. Martial, connu pour sa gentillesse envers les passants, a été profondément touché par cette initiative.
Un appel à la solidarité
La scène, immortalisée par Stéphane Gapenne, sera bientôt diffusée sur Facebook. « À l'origine, le jeu Neknomination a provoqué des accidents et des comas mortels. Au lieu de jouer avec leur vie, je lance un appel aux Narbonnais à faire comme nous et à acheter un repas à un SDF. Ce serait bien que ça continue dans cet esprit-là », témoigne Jonathan Cros.
Au-delà de la bonne action, la rencontre a été marquante. « On a offert le café à Martial et on a discuté avec lui. Son histoire nous a touchés et je sais qu'on reviendra le voir », ajoute-t-il. Si Facebook, réseau social parfois virtuel, pouvait ainsi contribuer à briser l'indifférence, ce serait une avancée notable.



