Les organisateurs du marathon de la Liberté, qui se déroulera du 4 au 7 juin à Caen et ses environs, ont décidé de renforcer les contrôles face à une recrudescence des fraudes liées aux dossards. Cette année, 30 000 participants sont attendus pour les différentes épreuves : marathon, semi-marathon, 10 km, course contre le cancer et foulées.
Des dérives de plus en plus fréquentes
Selon Nicolas Hassane, directeur du marathon, la fédération a déclassé une centaine de personnes par course l'année dernière, un chiffre en forte hausse. Il constate des pratiques incongrues : un homme courant avec le dossard d'une femme, des échanges de dossards contre de l'argent au sein même du village de la course. "C'est incomparable par rapport à avant, et encore, ça ne couvre pas toute la fraude", s'alarme-t-il.
Nouvelles règles strictes
Dans un mail envoyé aux participants le 4 mai, l'organisation annonce des mesures renforcées. Chaque coureur devra retirer son dossard en main propre au parc des expositions de Caen, le 5 juin de 14h à 20h ou le 6 juin de 10h à 19h, sur présentation d'une pièce d'identité. Un bracelet sera attaché au poignet, obligatoire et visible durant toute la manifestation. Des contrôles sont prévus sur le parcours.
Des risques pour la sécurité et l'équité
Courir sous une fausse identité complique la prise en charge médicale : les secours n'ont pas accès aux informations de santé ni aux contacts d'urgence. L'assurance peut également être défaillante. De plus, cela fausse les classements : "L'an dernier, des gens ont appris qu'ils étaient sur le podium de leur catégorie plusieurs jours plus tard, après les déclassements", rappelle Nicolas Hassane.
Une bourse aux dossards officielle
Pour limiter les reventes illicites, l'événement a mis en place une plateforme de revente officielle, inspirée de celle du festival Beauregard. Sur les 16 000 dossards des courses du dimanche 7 juin, 1 000 ont déjà été revendus via ce canal. Les dossards pour le semi-marathon ou le 10 km trouvent preneur en trois à cinq minutes. L'organisation encourage les participants à utiliser cette bourse plutôt que de céder leur dossard à un proche sans passer par la case officielle.
Un phénomène de société
La popularité croissante de la course à pied entraîne des dérives similaires à celles des concerts. Les organisateurs appellent à la responsabilité : ces mauvaises habitudes privent d'autres coureurs d'un dossard et contribuent à la hausse des prix des épreuves. L'édition 2026 est complète depuis janvier, preuve de l'engouement.



