Manon, accompagnatrice en montagne : jusqu'à 5 000 €/mois l'été, mais une précarité sociale
Manon, accompagnatrice en montagne : 5 000 €/mois l'été, précarité sociale

Manon, 27 ans, est accompagnatrice en montagne. Pendant l'été, elle peut gagner jusqu'à 5 000 euros par mois. Pourtant, elle confie : « Je n'existe plus socialement. » Ce paradoxe illustre la réalité des travailleurs saisonniers de la montagne, qui connaissent une forte rémunération sur une courte période, mais une précarité le reste de l'année.

Un métier passion aux revenirs contrastés

Manon travaille comme accompagnatrice en montagne depuis trois ans. Elle guide des randonneurs, des alpinistes et des adeptes de via ferrata. En haute saison, de juin à septembre, ses revenus peuvent atteindre 5 000 euros par mois. Cependant, cette période faste ne dure que quatre mois. Le reste de l'année, elle doit faire face à une baisse drastique de ses activités.

« L'hiver, je ne travaille quasiment pas, sauf quelques sorties à la journée. Je gagne à peine 800 euros par mois », explique-t-elle. Ce contraste saisonnier crée une situation financière instable. Manon doit économiser pendant l'été pour survivre l'hiver, sans aucune garantie de revenus fixes.

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Une précarité sociale et professionnelle

Au-delà des aspects financiers, Manon ressent un fort isolement social. « Quand je ne travaille pas, je ne vois personne. Mes amis ont des emplois stables, des horaires réguliers. Moi, je suis souvent seule chez moi, à attendre que la saison reprenne. » Cette absence de vie sociale pendant plusieurs mois pèse sur son moral.

Elle souligne également un manque de reconnaissance de son métier. « On me dit souvent que mon travail n'est pas un vrai métier, parce que je ne travaille pas toute l'année. Pourtant, c'est un métier exigeant, physiquement et mentalement. » Selon une étude de la Fédération française de la montagne et de l'escalade, environ 70 % des accompagnateurs en montagne exercent à temps partiel ou de manière saisonnière, et moins de 30 % ont un contrat à l'année.

Des solutions pour sortir de la précarité

Pour faire face, Manon a développé des stratégies. Elle propose des formations en sécurité en montagne pour les entreprises, et donne des cours de cartographie. « Je diversifie mes activités, mais ce n'est pas suffisant pour avoir un revenu stable. » Elle aimerait que les pouvoirs publics reconnaissent mieux le statut des accompagnateurs en montagne, avec des aides spécifiques pour les saisonniers.

« Il faudrait un complément de revenus en basse saison, ou des formations rémunérées pour se perfectionner. Sinon, beaucoup de jeunes comme moi vont abandonner ce métier passion. »

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