La mairie de Hyères a officiellement publié, ce mardi, un arrêté interdisant l'utilisation des trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés dans la vieille ville. Cette décision, signée par Dominique Nivaggioli, adjoint à la sécurité, répond à des préoccupations de sécurité routière et à la volonté de lutter contre les petits trafics de stupéfiants.
Un soulagement pour les commerçants du centre ancien
Pour les commerçants du centre ancien, cette interdiction est accueillie avec un soupir de soulagement. Gwen Emery, responsable de l'association Cœur de Hyères, qui regroupe une centaine de commerçants et d'artisans, décrit une situation devenue intenable : « Depuis un peu plus de six mois, c'est devenu l'enfer ». Elle témoigne depuis sa boutique de la rue Massillon : « Il y a un énorme souci. C'est toute la journée, ça monte et ça descend non-stop. Ce sont toujours les mêmes, ils klaxonnent, ils insultent et c'est aux passants de se pousser ! C'est quand même incroyable dans une rue piétonne. »
Une autre commerçante du quartier confirme la colère générale : « Avant c'étaient les scooters, mais maintenant ce sont les trottinettes le fléau. On a tous des incidents à raconter et on a de la chance qu'il n'y ait pas eu d'accident sérieux avec un enfant qui se fait percuter. »
Une mesure contre les trafics de stupéfiants
Au-delà des questions de circulation, la maire de Hyères, Véronique Bernardini, avait glissé dans un communiqué publié il y a une dizaine de jours son intention de lutter contre « les petits trafics » qui gangrènent la vieille ville. La police nationale confirme que ce moyen de locomotion est désormais utilisé par les dealers pour faire tourner le réseau et assurer des livraisons. Une première interpellation en flagrant délit aurait récemment permis de valider cette hypothèse.
Concrètement, l'arrêté permet aux policiers municipaux qui arpentent les ruelles de procéder à des verbalisations et de demander les identités, un avantage supplémentaire pour tenter de désorganiser ce trafic.
Des habitants contraints de redevenir piétons
Reste les victimes collatérales de cette mesure. Pierre, 67 ans, et son épouse Véronique, 68 ans, habitants de la vieille ville, accusent le coup. « On a été parmi les premiers à circuler à trottinette électrique à Hyères. Ça va bien nous embêter, se désole Pierre. On habite la vieille ville et c'est très pratique pour faire les courses ou transporter du bazar. »
Véronique ajoute : « Qu'on interdise sur les trottoirs, ça pourrait se comprendre, mais pas dans les ruelles de la vieille ville. Nos trottinettes sont aux normes et ne dépassent pas les 25 km/h. Pour nous qui ne sommes plus tout jeunes, pouvoir circuler comme ça, c'est même une question de mobilité. On pourrait peut-être demander un certificat médical. » Un cas particulier qui rappelle que la trottinette électrique a aussi des vertus, à l'heure où les modes de déplacement doux sont encouragés.
Les détails de l'arrêté et les amendes prévues
L'arrêté ne fait pas de distinction entre trottinettes électriques, hoverbords, gyropodes et monoroues, reprenant la catégorie « engins de déplacement personnel motorisés » définie par le code de la route. Il rappelle la réglementation nationale : 14 ans minimum, assurance obligatoire, vitesse limitée à 25 km/h, écouteurs interdits. Dans les aires piétonnes, la circulation est interdite « eu égard à la forte densité piétonne et aux nécessités de sécurité ». Les utilisateurs doivent circuler à pied en tenant leur engin à la main, et le stationnement est interdit hors des emplacements spécifiquement matérialisés et signalés. La fourrière est annoncée pour les contrevenants.
La zone interdite englobe les ruelles et les places de la vieille ville (Massillon, de la République, du Portalet), mais aussi le port entre l'avenue de la Gavine et le Yacht-club, ainsi que la place d'armes à Porquerolles avec des nuances saisonnières. Les tarifs des amendes sont affichés en annexe : 135 euros pour une circulation sur une voie interdite, sur un trottoir, avec un passager ou avec un casque audio ; 500 euros pour un défaut d'assurance ; et jusqu'à 1 500 euros si la vitesse dépasse 25 km/h.



