Le fondateur d'Hurricane, Hervé André-Benoit, a détaillé ce mercredi 23 septembre à Baillargues la cession de 60 % du capital de la société du Fise au groupe Abéo. Ce rapprochement vise à accélérer la croissance du spécialiste des sports urbains, en ciblant les Jeux Olympiques de Brisbane en 2032.
Une ouverture de capital pour régler les problèmes financiers
Dans sa Business School à Baillargues, le patron d'Hurricane a dévoilé les contours de l'association avec le groupe Abéo. Pour rappel, début août, Hurricane Group, la société héraultaise spécialisée dans les "actions sports" et organisatrice du Fise, avait annoncé céder 60 % de son capital. L'entreprise, fondée par Hervé André-Benoit dans la foulée du premier Festival International des Sports Extrêmes, en 1997, s'est depuis imposée comme un acteur majeur dans l'organisation d'événements dédiés aux sports urbains et dans la construction de modules.
Cette ouverture de capital était espérée depuis quelques années, comme l'a confirmé le fondateur du Fise, afin de régler les problèmes financiers. En 2022 et 2023, le festival montpelliérain avait perdu plus d'un million d'euros sur les deux ans.
Un partenaire industriel pour grandir plus vite
"On gardera toujours notre agilité et nos forces. On va pouvoir se développer plus vite, aller plus vite et plus loin. On se dirige vers de nouvelles ambitions", se félicite Hervé André-Benoit. "On est entre 60 et 80 salariés. Notre ambition, c'est de faire grossir le groupe."
Olivier Estèves, PDG d'Abéo, complète : "Nous ne sommes pas un fonds d'investissement. Nous investissons sur le long terme. On partage une vision et une passion commune." Il explique qu'il apportera avant tout son expertise dans le secteur de l'équipement sportif. "On veut amener, ensemble, un nouveau terrain de jeu pour les riders où on serait capable d'amener sur ces infrastructures de la vidéo, des relevés de hauteur, de vitesse…", ajoute le patron du Fise.
Une histoire commune depuis 2017
Entre les deux, c'est une histoire qui remonte à plusieurs années. "En 2017, on a mis en place la première Coupe du monde de parkour", se rappelle Hervé André-Benoit, qui s'était associé à la marque Brick du groupe Abéo. "C'est une fierté que mon associé soit Français. Le 'Made in France', ça a encore une valeur très importante pour moi."
Avec ses équipements sportifs, mais aussi ses solutions de diffusion vidéo de la marque Vogo, le groupe Abéo, situé à Rioz, en Haute-Saône, est présent dans 13 pays, réalise plus des trois quarts de son chiffre d'affaires à l'étranger et est coté en Bourse. "Nous sommes présents sur les grandes compétitions internationales, parce que les marques qui composent Abéo sont reconnues dans le domaine de l'équipement sportif comme étant des références. Nous sommes présents aux Jeux olympiques depuis longtemps, depuis Londres en 2012, comme fournisseur officiel, voire exclusif", indique Olivier Estèves.
Le parkour aux JO de Brisbane, un objectif clair
C'est d'ailleurs également dans l'optique des Jeux olympiques qu'Abéo entre au capital d'Hurricane. "On pense forcément à l'entrée de la discipline du parkour aux JO de Brisbane en 2032", espère Hervé André-Benoit. Et si c'est le cas, les institutions olympiques se tourneront sans doute vers lui pour les équipements.
Hervé André-Benoit l'a annoncé, il veut retrouver le côté festival du Fise, signification de la première lettre du sigle. "On ne veut pas se comparer à un championnat du Monde de BMX Freestyle. Aujourd'hui, le Fise, il y a plusieurs disciplines, mais il y a surtout aussi un public qui va avoir une 'food court' de plus en plus belle, des exposants qui vont faire des animations – offrir des cadeaux, des expériences. On veut donner plus de musique, qui fait partie de notre univers", explique le créateur de l'évènement.
Le public ne ressentira pas ce changement au capital d'Hurricane pour les 30 ans du Fise au printemps 2027. "On va réussir à mieux organiser les choses, avoir plus de financement, pouvoir remettre des disciplines, bénéficier de plus de médiatisation et plus d'expérience pour le public."



