Les hôtels autour de Cannes sous pression pendant le Festival
Alors que le Festival de Cannes s’apprête à refermer ses portes et que les derniers projecteurs s’éteignent sur la Croisette, dans les hôtels des communes voisines, les chambres restent pleines. À Cannes-La Bocca, Mandelieu et Antibes, les établissements 2 et 3 étoiles vivent leur propre tempo du Festival : celui d’une fréquentation soutenue, souvent professionnelle, qui déborde largement du centre cannois.
Cannes-La Bocca : entre surbooking et clientèle hybride
À Cannes-La Bocca, l’Hôtel Ibis Cannes Plage, excentré du Palais des festivals, a vu son activité évoluer avec l’essor des projections au Cinéum ou au théâtre de la Licorne à proximité. « On a un peu plus de clientèle que d’habitude depuis qu’il y a des projections là-bas », explique Carla Costa, responsable d’exploitation de l’hôtel. Cette dynamique s’explique aussi par la diversité des profils accueillis : « On a vraiment de tout. Des groupes d’étudiants en cinéma, des touristes accrédités et des professionnels qui font des courts-métrages ou qui achètent et vendent des films. » Cette diversité s’accompagne d’une forte tension sur les réservations. « Cette année, c’était beaucoup à l’avance. On était même surbookées sur beaucoup de dates », confie-t-elle.
Mandelieu : le royaume des sous-traitants
À Mandelieu-la-Napoule, le Festival de Cannes se vit loin des paillettes mais dans un rythme de plannings serrés. Au Motel Capsol, l’établissement affiche complet sur toute la durée de l’événement. « Il est rempli pendant les deux semaines et même encore un peu après », confirme le gérant. Ici, la clientèle est très identifiée : « Ce sont des sociétés qui travaillent durant le Festival. Des grosses sociétés, des sous-traitants. J’ai peu de festivaliers. » Des séjours quasi immuables pendant toute la quinzaine, qui structurent l’activité de l’hôtel. Et si le Festival agit comme un pic d’activité, il marque aussi un seuil : « C’est le lancement de la saison estivale. »
Antibes : l’effet cumul des événements
À Antibes, la mécanique est différente mais tout aussi efficace. À l’hôtel La Place, le personnel décrit une période sans respiration. « L’hôtel est vraiment rempli pendant la période du Festival de Cannes, toujours », affirme-t-il. Mais ici, le Festival n’agit pas seul. « Il y a aussi le Rallye d’Antibes, il y a Monaco aussi qui joue un rôle avec le Grand Prix qui va bientôt arriver », ajoute-t-il. Une accumulation d’événements qui conduit mécaniquement à une saturation de l’offre hôtelière. Dans ce contexte, les clients s’adaptent en se reportant hors de Cannes et ainsi venir jusqu’à l’hôtel antibois : « Soit parce que Cannes est déjà complet, soit parce qu’ils cherchent un peu plus de tranquillité, un hébergement en retrait de l’agitation de la Croisette. »
Ainsi, autour de Cannes, le Festival ne se contente pas de remplir les hôtels du centre. Il redessine, le temps de deux semaines, la géographie de la fréquentation hôtelière sur toute la bande littorale.



