Un défi de taille pour Peyrehorade
Peyrehorade, qui s'est incliné 28-18 lors du match aller, doit relever un sacré défi pour combler son retard sur Saint-Médard, ce dimanche (15 heures), en quart de finale retour de Fédérale 1. Pour rallier les demi-finales et, accessoirement, acter la montée en Nationale 2, le chemin le plus direct est de l'emporter avec 11 points d'écart ou plus. Cependant, si la victoire est acquise avec seulement 10 points d'écart, les deux équipes seraient à égalité et le sort se jouerait au nombre d'essais marqués sur l'ensemble des deux matchs (actuellement, les Girondins mènent trois à deux). En cas d'égalité parfaite, il n'y aurait pas de prolongations, mais des tirs au but, une perspective que personne ne souhaite voir.
Onze points, ce n'est pas insurmontable, surtout si l'on considère les scores fleuves observés dans bien des matchs de rugby, même entre grosses équipes. Mais à ce stade de la compétition, cela représente un écart conséquent (pour les trois autres quarts, l'écart n'est que de 1 à 3 points). D'autant que Saint-Médard a laissé une forte impression lors du match aller, avec un pack très puissant qui a fait souffrir la mêlée verte, sans oublier des avants rapides et toniques dans les points de contact.
Les fruits des entraînements
Peyrehorade sait pourtant relever des défis. En phase de poule, l'équipe avait marqué son territoire face aux grosses équipes : 36-9 contre Bagnères (deuxième), 36-6 contre Sarlat (troisième). Baptiste Belleret, demi de mêlée et capitaine, préfère se référer au match retour de la saison dernière, où Peyrehorade était allé gagner à Tyrosse contre toute attente, même si cela n'avait pas suffi à cause de la défaite trop large à l'aller : « On a montré à ce moment-là qu'on était capables de faire de grandes choses. On va s'appuyer là-dessus et continuer d'entretenir le rêve pour écrire une nouvelle page de ce magnifique club. »
Simon Saint-Cristau, troisième ligne centre et capitaine à ses heures, renchérit : « On a vraiment appris de l'année dernière où on avait abordé les phases finales relativement fatigués. Cette année, on a pu s'appuyer sur un groupe plus large, ce qui nous a permis de faire tourner et de garder de la fraîcheur. L'équipe est en super forme, elle récolte les fruits des entraînements très physiques menés depuis juillet. » L'un comme l'autre comptent sur le soutien du public. « On va essayer d'enflammer Dabadie et s'appuyer sur l'atmosphère ambiante, qui va être bouillante », dit Baptiste. Simon abonde : « On n'attend qu'une chose : un beau soleil à Dabadie pour pouvoir enfin lâcher les chevaux et avoir tout le public derrière nous ! » De ce côté-là, il devrait être servi, trop sans doute… Avec un tel enthousiasme, les entraîneurs Samuel Dylbaitys et Sébastien Jaca n'ont pas besoin de préparer de grands discours pour motiver leurs troupes.
Le mental avant tout
« Le physique ne fait pas tout : ça se joue énormément dans la tête, et nous, on est prêts à livrer un gros combat collectif », s'enflamme Simon Saint-Cristau. Il reconnaît que le match aller a laissé quelques courbatures, mais aucun blessé à déplorer. « Saint-Médard, c'est du très lourd, mais on a par le passé eu affaire à de sacrés clients dans ce registre, du genre Issoire ou Floirac. Et à notre niveau, le physique ne fait pas tout : ça se joue énormément dans la tête. » Quant aux mêlées, où le poids compte, il se veut rassurant : « Franchement, je ne m'en fais pas du tout pour ce secteur. La mêlée, c'est compliqué, tous les arbitres nous répètent qu'ils ont du mal à arbitrer cette phase de jeu. À Saint-Médard, j'ai trouvé que certaines décisions étaient dures pour nous, on a quand même avancé sur plusieurs mêlées sans être récompensés. »
Une défense solide et une touche retrouvée
Peyrehorade peut aussi s'appuyer sur une défense qui a fait ses preuves, malgré les trois essais encaissés dimanche dernier. Si l'attaque a été un peu timorée en huitième, elle a retrouvé des couleurs avec les deux beaux essais de Ladevie. La touche, longtemps hésitante, fait le plein depuis plusieurs matchs. Simon Saint-Cristau s'en amuse : « On a même un dicton : si Charly rate le premier lancer, c'est bon ! Derrière, on sait qu'il fera du 100 %… » Charly, c'est Lagraula, co-talonneur des Verts avec Romain Itoïz. Si tout marche bien, les 11 points sont accessibles. Et s'il n'y en a que 10, qu'il y ait égalité aux essais et qu'il faille aller aux tirs au but ? « On n'a pas trop travaillé le sujet, dit Thibaut Discazeaux, l'artificier prolifique de Peyrehorade. On s'amuse parfois entre nous à taper des 22 mètres en face, mais c'est juste pour se lancer des défis. » Et si cela suffisait pour gagner le match de demain ?
Le groupe de Peyrehorade pour ce match : Lebonnec, Minaberrigaray, Douet, Lamour, Prudence, Itoïz, Lagraula, Ortolan, Castagnet, Grugier, Duvigneau, Saint-Cristau, Sallaberry, Tissier, Descamps, Pakihivatau, Descamps, Tollis, Belleret, Doussy, Badiolle, Tastet, Lamaison, Lahillade, Pinaquy, Ladevie, Barbe, T. Discazeaux.



