Draguignan : Didier, malvoyant, adopte Vox, son chien guide
Draguignan : Didier, malvoyant, adopte Vox, chien guide

Depuis plusieurs jours, Didier Pertuzot, atteint d'une déficience visuelle, et Vox, un jeune chien guide d'aveugle de deux ans, déambulent dans les rues de Draguignan. Leur objectif : apprendre à marcher ensemble pour commencer une nouvelle vie en binôme. « Il est mes yeux », soutient le sexagénaire. « Avant j'avais une canne, mais avec lui mes déplacements sont beaucoup plus fluides. »

Un entraînement quotidien dans les rues de Draguignan

À 11 h 05, devant l'hôtel de ville, Didier Pertuzot et Vox se préparent pour leur entraînement quotidien. Un exercice très particulier : ils doivent marcher de la mairie à la pharmacie Clemenceau, située quelques rues plus loin. Si cela semble être un jeu d'enfant, pour le binôme, le défi est de taille. Malvoyant depuis plusieurs années, Didier Pertuzot vient d'adopter Vox, un chien guide d'aveugle qui doit l'aider dans ses déplacements du quotidien.

Le chien lui a été confié par l'association des chiens guides d'aveugles de Provence Côte d'Azur-Corse, qui remet chaque année, gratuitement, entre 15 et 20 chiens à des personnes malvoyantes. Après avoir équipé Vox d'un harnais de guidage, le duo s'élance. Mais quelques mètres parcourus et déjà un premier obstacle : un véhicule de livraison est arrêté au milieu de la rue piétonne. Vox le repère, parvient à l'éviter et trouve une échappatoire entre le fourgon et la terrasse d'un restaurant. « Bravo, continue, c'est bien », lance Didier Pertuzot sous le regard attentif de Fiona Bertrand et Audrey Blazquez.

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Une éducation positive basée sur la récompense

Fiona Bertrand, élève-monitrice, et Audrey Blazquez, éducatrice pour le Centre d'éducation des chiens guides d'aveugles d'Eze, supervisent le parcours du duo. « C'est Fiona qui s'est occupée d'entraîner Vox pendant près de deux ans. Elle lui a appris à identifier les différents éléments du paysage urbain comme le trottoir, les portes d'entrée ou encore les passages piétons », explique Audrey Blazquez avant d'intervenir. « Attention à la route ! » Aucun problème pour le fidèle compagnon qui marque l'arrêt. « Il avait déjà repéré la bande podotactile et le passage des voitures », sourit Fiona Bertrand.

Une fois la chaussée franchie et quelques piétons esquivés, la pharmacie est enfin là. « On a réussi, tu as bien mérité une friandise », se réjouit Didier Pertuzot. Ce dernier glisse sa main dans une petite sacoche bleue et en sort une croquette en forme d'os. « La formation de nos chiens guides est basée sur l'éducation positive qui est très orientée sur la récompense et la motivation. Cela permet à l'animal de s'épanouir et d'être beaucoup plus volontaire », ajoute Audrey Blazquez.

Une semaine décisive pour l'adaptation

Depuis trois jours, la petite troupe s'entraîne dans les rues de Draguignan, afin de familiariser Vox à une ville qu'il ne connaît pas. « C'est une semaine décisive pour l'adaptation du chien. Notre rôle va être de l'aider à s'habituer aux trajets quotidiens de son maître », avance l'éducatrice. « Normalement, vendredi ils seront prêts à démarrer leur vie commune. » Une aventure qui a, en réalité, débuté il y a déjà quelques semaines. « La transmission d'un animal guide d'aveugle est un processus qui demande du temps. Ça ne se fait pas du jour au lendemain », précise Fiona Bertrand.

Une fois la complicité validée lors des premières rencontres, l'animal et le futur maître rejoignent le centre d'éducation pour une semaine d'entraînement. « Cette fois, l'objectif est d'assimiler les ordres à donner au chien pour se faire obéir. Pour les personnes qui n'ont jamais eu d'animal, nous leur enseignons également les gestes essentiels pour prendre soin de leur nouveau compagnon. » Une fois le binôme indépendant, des visites annuelles sont organisées par le centre. « C'est un moyen de faire le point. L'objectif, c'est de vérifier que le maître et le chien s'épanouissent ensemble et aussi d'écarter tout risque de maltraitance animale », affirme Audrey Blazquez. Avant d'ajouter : « Il faut dire qu'ils s'engagent à passer les huit prochaines années ensemble. Cela exige une complicité totale et une bonne synergie de travail pour que les déplacements soient les plus efficaces possible ».

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