Un jeune Savoyard englouti par le flot d'informations guerrières
Le 28 février 2026, alors qu'une pluie de missiles s'abat sur les infrastructures iraniennes, Aimerick, un Savoyard de 27 ans, pianote frénétiquement sur son téléphone depuis ses Alpes natales. Loin des champs de bataille, ce responsable de rayon dans la grande distribution se trouve pourtant complètement submergé par l'actualité internationale.
Une boulimie informationnelle incontrôlable
"L'actualité me donne le tournis, elle me déstabilise", confie le jeune homme. Malgré son absence de passion particulière pour l'Iran ou la violence, il se rue sur Internet pour dévorer des centaines d'articles, obnubilé au point d'oublier ses activités en cours. Ces épisodes de consommation compulsive, qu'il appelle lui-même du "doomscrolling", peuvent durer des heures.
Au programme de ces sessions marathon : des images d'explosions, des scènes de destruction et des photographies de cadavres. "Quand cela m'arrive, je me sens complètement dépassé. Je peux y passer des nuits entières. J'ai l'impression d'être directement concerné par le conflit", raconte le Haut-Savoyard, cigarette à la bouche, depuis son balcon avec vue sur le Mont-Blanc.
Un phénomène qui remonte à la guerre en Ukraine
Cette addiction informationnelle ne date pas d'hier. Au déclenchement du conflit ukrainien, Aimerick s'était déjà retrouvé "hypnotisé" par le déroulé des événements. Il sautait sur chaque notification, épiait la moindre vibration de son téléphone et scrollait sans cesse sur son écran, comme si un combattant russe allait frapper à sa fenêtre.
La conscience modifiée par les images chocs et ivre d'adrénaline, il s'est même mis à éplucher les sites survivalistes et a sérieusement songé à se procurer une arme. Au petit matin, alors que les chars russes approchaient de Kiev, il avait préparé son sac pour fuir vers le Portugal, terre de ses parents, où les vallons lui semblaient offrir des refuges imprenables.
Les mécanismes d'une addiction moderne
Ce cas illustre parfaitement le phénomène du doomscrolling, cette consommation compulsive d'informations anxiogènes qui touche de nombreux individus à l'ère numérique. Plusieurs éléments caractérisent cette dépendance :
- Une incapacité à se détacher des flux d'actualités
- Des sessions de consultation qui s'étendent sur des heures, voire des nuits entières
- Un sentiment d'urgence et d'implication personnelle dans des conflits lointains
- Des réactions disproportionnées face aux événements médiatisés
Pour Aimerick, comme pour beaucoup d'autres, le smartphone est devenu une fenêtre ouverte sur les horreurs du monde, une porte d'entrée vers des angoisses qui dépassent largement son cadre de vie alpin. Le défi consiste désormais à trouver un équilibre entre information et préservation de sa santé mentale.



