Crise de la cinquantaine : ils apprennent à nager à l'âge adulte
Crise de la cinquantaine : ils apprennent à nager à l'âge adulte

Alors que la saison estivale bat son plein et que les plages se remplissent, de nombreux adultes ne savent toujours pas nager. Pourtant, certains franchissent le pas, bravant leurs craintes et leur honte, pour rejoindre des clubs de natation. C'est le cas à Montpellier, où des cours spécifiques pour adultes rencontrent un succès grandissant, portés par des témoignages de fierté et de dépassement de soi.

Des adultes osent enfin se jeter à l'eau

Naïm, maître-nageur au Montpellier Université Club Natation (MUC), observe chaque semaine des profils variés lors de ses cours pour adultes. Il se souvient de Sia, une jeune maman qui "voulait absolument ramener son petit dans l'eau", ou encore de Ryad, un élève déterminé : "S'il ne réussit pas à faire l'exercice sur 100 mètres, il va continuer jusqu'à ce qu'il y arrive." Ces adultes, qu'ils soient non-nageurs ou mauvais nageurs, progressent rapidement et passent le cap de la brasse, du crawl et même du dos crawlé.

Anne, 56 ans, fait partie de ces adultes qui ont décidé de se lancer. "Je n'avais jamais appris à nager, confie-t-elle. Mes enfants, je leur ai fait prendre des cours, ils savent parfaitement nager. Ça fait partie des choses que j'ai envie de savoir faire, même à mon âge. Ça doit faire partie de ma crise de la cinquantaine ! C'est un super défi !" En septembre 2025, elle a rejoint l'Union sportive des nageurs de Montpellier. En quatre mois, elle a réussi à nager aux côtés de ses enfants.

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Des progrès rapides et une ambiance bienveillante

Pierre, sexagénaire habitant Castries, a réappris à nager après 40 ans sans mettre la tête sous l'eau. "Je redémarrais à zéro", explique-t-il. Il s'est inscrit au MUC il y a trois ans pour 300 euros par an et suit des leçons hebdomadaires. "C'est toujours plaisant de pratiquer avec d'autres nageurs. Et les maîtres-nageurs sont bien, l'encadrement est parfait !" Bientôt, il pourra profiter du littoral, lui qui n'osait pas s'y aventurer.

Barbara, 37 ans, rédactrice web, est l'une des plus jeunes du groupe. Elle ne savait pas faire 25 mètres à la rentrée dernière. Désormais, elle perfectionne ses mouvements de bras au crawl avec un Pull Buoy. L'ambiance du groupe l'a beaucoup aidée : "J'ai fait connaissance avec plusieurs personnes, notamment deux sœurs qui avaient à peu près le même niveau que moi. Je me suis beaucoup inspirée d'elles, de leur aisance dans l'eau, leur fluidité, ça m'a aidée de les observer."

Un enjeu de sécurité publique face à la hausse des noyades

L'apprentissage de la natation à l'âge adulte revêt un enjeu crucial. À l'été 2025, le nombre de noyades mortelles a bondi de 16 %, passant de 350 à 409 décès, selon Santé publique France. Les autres noyades ont augmenté de 14 %, passant de 1 246 à 1 418. "Ces résultats soulignent la nécessité de poursuivre la prévention sur le risque de noyades à tous les âges", conclut SPF.

Selon une étude de 2025 portant sur des données recueillies entre 2018 et 2021, le principal facteur de risque de noyade est l'âge : les plus de 65 ans ont trois fois plus de risque de décéder ou de garder de graves séquelles que les 0 à 5 ans. Les hommes sont également plus touchés, et les noyades se produisent davantage en piscines privées ou en plans d'eau non surveillés. La consommation d'alcool et les malaises sont d'autres facteurs de risque identifiés.

Le site Info Gouv identifie quatre facteurs de risque : le choc thermique, l'alcool, la baignade non surveillée et la surestimation de ses capacités. "Nombre d'accidents surviennent lorsqu'un nageur surestime ses capacités physiques ou méconnaît les caractéristiques du milieu naturel", souligne le site. En début d'été, Gilles Sezionage, président de la Fédération française de natation, déplorait que "l'apprentissage de la natation n'est toujours pas considéré comme une priorité nationale". Selon les derniers chiffres de SPF publiés en 2017, 30 % des Français ne savent pas nager plus de 50 mètres.

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