Congé de naissance : joie et galères des premiers bénéficiaires
Congé de naissance : premiers retours contrastés

Ce mercredi 1er juillet 2026 marque l'entrée en vigueur du nouveau congé de naissance, permettant aux jeunes parents de bénéficier d'un à deux mois indemnisés pour rester auprès de leur nourrisson. Réservé aux parents d'enfants nés ou dont la naissance était prévue à partir du 1er janvier 2026, ce droit peut être pris par chaque parent, simultanément ou en alternance, après les congés maternité (16 semaines, dont 10 post-accouchement) et paternité (4 semaines).

Un soulagement pour les mères, mais une perte de salaire

Angela, 30 ans, coiffeuse à Rennes, voit dans ce nouveau dispositif un « timing magnifique ». Son congé maternité s'achevant fin juin, elle enchaîne directement avec deux mois de congé de naissance. « Mon fils est si petit, l'idée de le confier à 2,5 mois me donnait la nausée », confie-t-elle à l'AFP. Elle se réjouit de pouvoir « être là pour les premiers areuh, la première dent », malgré une perte de salaire. Son mari, inquiet pour leurs finances, ne prendra qu'un mois.

Le congé est indemnisé à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second. Célia, 26 ans, mère d'un deuxième enfant né en février, juge que « ce n'est pas énorme, mais c'est mieux que le congé parental », qui plafonne à environ 450 euros mensuels. Elle a dû jongler avec un congé pathologique post-naissance et un arrêt maladie pour éviter de reprendre le travail avant juillet. « C'était compliqué et stressant de s'organiser », raconte cette caissière d'Occitanie.

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Des difficultés d'organisation pour les premiers concernés

Marie-Anne, 37 ans, infirmière en Bretagne, estime que les premiers bénéficiaires « essuient les plâtres ». Le décret précisant les règles n'a été publié que le 31 mai, générant incertitude et stress. Après son congé maternité, elle a posé « des récups et des congés » pour démarrer le congé de naissance début juillet, une « chance » pour « récupérer physiquement et mentalement » et voir son bébé grandir.

Marie, 30 ans, cadre en logistique, n'a pas pu en profiter : son congé maternité s'est terminé avant juillet, et elle a pris un congé parental à temps plein. Elle souhaitait le poursuivre à temps partiel en septembre, mais il est impossible de le scinder pour intégrer le congé de naissance. « C'est frustrant pour moi, mais c'est super pour les futurs parents », concède-t-elle.

Mesures transitoires et espoir d'égalité

Le gouvernement a prévu des « mesures transitoires spécifiques » pour les parents d'enfants nés en début d'année, notamment un délai plus long pour démarrer le congé et la possibilité exceptionnelle de cumuler l'indemnité avec le complément du libre choix du mode de garde (CMG). Rémy, 42 ans, consultant en Île-de-France, a ainsi maintenu le contrat de sa nounou pour son second fils. Pour lui, prendre un mois de congé de naissance était une « décision évidente » : « je ne voulais pas rater ce moment, j'ai envie de profiter de mes garçons », témoigne-t-il. Il enchaînera avec trois semaines de congés en août pour éviter une perte de salaire supplémentaire.

Cette mesure vise à faciliter la conciliation entre vie professionnelle et familiale et à « renforcer l'implication des deux parents dans l'accueil de l'enfant ». Cependant, les associations féministes se disent « déçues » de cette réforme « minimaliste ». Nahilé, de Nous Toutes, souligne : « Vu le montant de l'indemnisation, dans les couples, ce sera la personne au plus faible revenu qui prendra le congé, donc la femme. »

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