Canicule à Montpellier : travailleurs en extérieur racontent leur quotidien à 35°C
Canicule à Montpellier : travailleurs en extérieur racontent

Mercredi 24 juin, le thermomètre dépassait les 35°C à Montpellier, plaçant le département de l'Hérault en vigilance jaune canicule. Alors que les autorités appellent à la prudence, de nombreux professionnels n'ont d'autre choix que de travailler en plein soleil. Serveuse, technicien de scène, marbrier et livreur racontent leur quotidien sous la chaleur écrasante et partagent leurs astuces pour la supporter.

Mahé, serveuse au bar Le Petit Nice : « Je bois de l’eau toute la journée »

À 20 ans, Mahé travaille au bar Le Petit Nice depuis six mois. Ses horaires s'étendent de 7h30 à 16h, ce qui la place en première ligne face aux fortes chaleurs. Sourire aux lèvres, elle explique ne pas avoir changé ses habitudes mais redoubler de vigilance. « Je transpire déjà beaucoup. Je bois de l’eau toute la journée. Dès que j’ai un peu de temps, je me mets devant les ventilateurs. Et quand il n’y a rien à faire, je vais à l’intérieur où l’on ressent beaucoup moins la chaleur », confie-t-elle.

Ce mercredi matin, la terrasse affiche complet, laissant peu de répit. « Certains clients ont de la peine pour moi », plaisante-t-elle. À la fin de son service, Mahé retrouve la fraîcheur de son domicile.

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Guillaume, technicien de scène au Peyrou : « Il nous faut quasiment deux fois plus de temps pour monter une scène »

Sur la promenade du Peyrou, Guillaume, 36 ans, participe au montage de la scène du festival What A Trip. Avec quatorze ans d'expérience, il connaît bien les épisodes de fortes chaleurs. Son équipe, mobilisée de 9h à 20h, adapte l'organisation du travail. « On travaille intensivement jusqu’à midi, puis on fait une grosse coupure entre 14h et 16h. On poussera peut-être jusqu’à 22h », explique le responsable.

La chaleur complique aussi la manipulation du matériel. « Avec ces températures, on ne peut pas tenir à mains nues les structures métalliques noires. On est obligés de porter des gants », montre-t-il. Conséquence : le chantier avance moins vite. « Dans ces conditions, il nous faut quasiment deux fois plus de temps pour monter une scène. Le moindre mouvement demande davantage d’efforts. On boit des litres d’eau, donc cela ralentit forcément le travail », estime Guillaume. Casquette et protection de la nuque sont devenues indispensables pour toute l'équipe.

Philippe, marbrier : « Je prends sur moi »

Sous le soleil de juin, Philippe Ernault poursuit son chantier. Marbrier indépendant, il organise sa journée pour limiter les effets de la chaleur sans pouvoir interrompre son activité. « J’ai une glacière, je prévois tout ce qu’il faut pour m’hydrater », explique-t-il. Ce matin-là, il a commencé à 8h30. Une organisation qui pourrait sembler tardive en période de canicule, mais qui dépend des contraintes du chantier.

Pour autant, pas question de ralentir le rythme. « On est contraint et forcé de continuer de travailler pour bien finir les chantiers. Sinon, c’est trop de retard. » Face à la chaleur, pas de solution miracle : « Je prends sur moi. »

Yannick, livreur de fret : « C’est l’humidité, le plus dur »

À quelques mètres de là, Yannick Le Du passe sa journée sur les routes. À 60 ans, ce Breton installé dans la région depuis six ans travaille comme livreur de fret pour AFE Transports. Sa journée débute à 7h sur les quais de chargement et se termine vers 16h. Malgré la canicule, les conditions de travail évoluent peu. « On ne s’adapte pas vraiment, malheureusement dans le transport », constate-t-il.

L’entreprise met à disposition quelques bombes rafraîchissantes, mais pas de bouteilles d’eau. « On boit beaucoup », assure-t-il néanmoins. Les chauffeurs bénéficient toutefois d’un avantage précieux : « On a la chance d’avoir la climatisation dans les camions. » La chaleur reste difficile à supporter lors des opérations de chargement et de livraison. « On n’a pas le droit au short sur les quais. »

Au fil des heures, la fatigue s’accumule. « C’est très dur. Le soir, on est plus fatigué. » Pour Yannick, l’humidité est même plus éprouvante que la température. « C’est l’humidité, le plus dur. On transpire beaucoup, on dépense de l’énergie. »

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La canicule se prolonge dans l’Hérault

Le département de l’Hérault reste en vigilance jaune canicule. À Montpellier, les fortes chaleurs devraient se maintenir jusqu’au week-end, avec des maximales souvent comprises entre 32 et 35°C et des nuits de plus en plus douces. Les températures demeurent supérieures aux normales de saison. Le vent restera discret sur le littoral comme dans l’intérieur des terres. Seules quelques brises marines pourraient tempérer légèrement l’atmosphère en fin de journée, sans véritable effet sur la sensation de chaleur.

Les autorités appellent à la prudence, en particulier pour les personnes âgées, les enfants et les personnes fragiles. La vigilance pourrait évoluer en fonction des prévisions des prochains jours.