Quelle que soit la météo, le joli mois de mai mérite bien son nom, avec ses jours fériés et ses ponts à répétition... Après le 1er et le 8 mai, et avant le lundi de Pentecôte, voici l'Ascension, qui tombe cette année le 14 mai 2026. Savez-vous pourquoi ? Avec Toussaint, Noël, Pâques, la Pentecôte, et l'Assomption, l'Ascension est une fête religieuse chrétienne qui se déroule traditionnellement chaque année quarante jours après le dimanche de Pâques. Sa date change donc tous les ans mais tombe toujours idéalement un jeudi, permettant à certains veinards de profiter du fameux pont de l'Ascension.
Que célèbre-t-on ce jour-là ?
L'Ascension, à ne pas confondre avec l'Assomption (l'élévation au ciel de la Vierge Marie après sa mort célébrée le 15 août) vient du latin « ascensio », c'est-à-dire « monter vers ». Cette date marque la dernière rencontre de Jésus avec ses disciples après sa Résurrection, et son élévation au Ciel, qui symbolise la vie éternelle, au cours de laquelle le fils de Dieu a disparu sous les yeux des Apôtres. Cet épisode se serait produit au Mont des Oliviers, à Jérusalem. Il est décrit à la fin de l'Évangile selon Luc : Jésus emmène ses apôtres vers Béthanie, un village de Judée où il aimait se retirer pour fuir les persécutions de Jérusalem. Là, il les bénit. « Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, et ils étaient constamment dans le Temple à louer Dieu ». Un autre récit de l'Ascension ouvre les Actes des Apôtres, également écrit par Luc.
Pourquoi un jeudi ?
Cette journée est mobile dans le calendrier grégorien. Elle bouge entre le 30 avril et le 3 juin selon les années. Mais le jour de l'Ascension tombe toujours un jeudi parce que cet événement se célèbre quarante jours après le dimanche de Pâques, jour de la Résurrection de Jésus qui, depuis le concile de Nicée qui s'est tenu en l'an 325, a lieu le dimanche suivant la première pleine lune qui suit le 21 mars, c'est-à-dire entre le 22 mars et le 25 avril.
Pourquoi quarante jours après Pâques ?
Le chiffre de quarante jours correspond à la période où Jésus ressuscité, n'est pas encore monté au ciel et demeure sur Terre, est symbolique. Rien n'indique dans les textes que l'élévation au Ciel de Jésus s'est déroulée toutefois quarante jours après Pâques, mais le pape Léon Ier le Grand a fixé ce délai au IVe siècle de notre ère, sans doute dans l'intention de faire le pendant aux quarante jours du Carême, qui correspond à la retraite du Christ dans le désert. Les références à une périodicité de quarante jours sont nombreuses dans la Bible : le motif apparaît également dans la durée du déluge de Noé.
Depuis quand ce jour est-il férié ?
Célébrée en France depuis le IVe siècle, la fête de l'Ascension est parfois fêtée simultanément avec la Pentecôte jusqu'au Ve siècle. À partir de 511, elle est précédée en Europe par les trois jours des Rogations, devenus facultatifs dans le culte catholique après le concile Vatican II. À Venise, la célébration de l'Ascension s'accompagnait jusqu'au XVIIIe siècle de la sortie du célèbre bateau des Doges le Bucentaure, une tradition représentée à plusieurs reprises par le peintre Canaletto.
Redevenue chômée grâce à Napoléon Ier
Sous l'Ancien Régime, l'Ascension est chômée, comme Pâques, Noël ou les fêtes patronales. Les fêtes chrétiennes rythment alors la vie des villes et des campagnes. La Révolution française tentera – sans succès - de les remplacer par de nouvelles célébrations laïques. Le 24 octobre 1793, la Convention adopte le calendrier républicain en remplacement du calendrier grégorien, substituant, comme ère, à la naissance du Christ la date du 22 septembre 1792, premier jour de la République, et éliminant le dimanche au profit du « décadi ». Une fête de la Raison est organisée à Notre-Dame, décrétée Temple de la Raison, et le 7 mai 1794, la Convention instaure le culte de l'Être suprême. La tentative de déchristianisation révolutionnaire est rapidement vouée à l'échec. Grâce au Concordat signé entre Bonaparte et le pape Pie VII, en 1801, l'Ascension redevient l'une des six fêtes légalement chômées, avec Noël, Pâques, la Pentecôte, l'Assomption (montée de la Vierge Marie aux Cieux) et la Toussaint (fête des saints). On parle alors de « fêtes d'obligation ». Malgré la séparation de l'Église et de l'État de 1905, ces quatre dates demeurent chômées dans l'ensemble de l'Hexagone, l'Alsace et la Moselle la célèbrent également, tandis que la Saint-Étienne du 26 décembre et le Vendredi Saint ne sont chômés que dans les trois départements de l'est de la France.
Et ailleurs ?
La fête de l'Ascension est fériée dans de nombreux pays européens : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, principauté de Monaco, Norvège, Pays-Bas, Suède, Suisse et Vatican. Mais aussi en Afrique, comme au Cameroun, en Amérique (Colombie et Haïti) et en Asie et Océanie (Indonésie, Vanuatu et Wallis et Futuna). Certains pays, comme l'Italie, l'Espagne, la Pologne, le Portugal ou le Royaume-Uni, la célèbrent le dimanche suivant.



